Test de Pay To Path – Le cochon qui aime l’argent !

Il existe des jeux qui vous demandent de sauver le monde, d’affronter des dragons ou de devenir une légende. Et puis il y a Pay To Path, qui vous propose de guider des tirelires jusqu’à leur coffre bancaire en faisant pivoter des tuiles… tout en payant chaque mouvement. Oui, même dans ce monde coloré, l’inflation a frappé. Le concept est simple : créer un chemin en jonglant avec un budget limité. Sur le papier, cela ressemble à une idée maligne. Dans la pratique, c’est un peu comme si Monopoly et un puzzle mobile gratuit avaient eu un enfant élevé par un comptable beaucoup trop strict.

Comme dans pratiquement tous les jeux d’Afil Games, on retrouve cette mécanique bien connue qui consiste à faire pivoter des tuiles afin de créer un itinéraire jusqu’à la sortie. La différence, c’est que chaque rotation coûte de l’argent. Une idée qui semble apporter une couche stratégique supplémentaire, mais qui se traduit surtout par de la frustration. Au lieu de réfléchir davantage, on a surtout l’impression d’être puni pour avoir envie d’expérimenter. C’est un peu comme si Tetris vous facturait chaque rotation de pièce : techniquement original, mais pas forcément amusant.

Au niveau des graphismes, difficile de crier au génie artistique. Les décors sont fonctionnels, les tirelires sont mignonnes et l’ensemble fait le travail, mais on reste sur une production très low cost. Rien n’est vraiment laid, mais rien ne marque non plus les esprits. On a déjà vu ce style visuel des centaines de fois sur les boutiques numériques, au point où reconnaître un jeu Afil Games devient presque un mini-jeu en soi. Même le célèbre meme du Spider-Man qui pointe un autre Spider-Man pourrait servir d’illustration pour comparer leurs catalogues.

Pour ce qui est de la bande-son, la patience sera votre meilleure alliée. Les musiques donnent fortement l’impression de sortir d’un vieux logiciel MIDI abandonné dans les années 2000. Après quelques niveaux, les mélodies commencent sérieusement à taper sur le système. Certes, elles accompagnent l’action, mais elles finissent surtout par donner envie de baisser le volume plus vite qu’un streamer pris par une réclamation de droits d’auteur.

Concernant la durée de vie, les 30 niveaux se terminent relativement vite, surtout pour les amateurs du genre. Heureusement pour les chasseurs de succès, le jeu distribue un très généreux 2000G avec une facilité déconcertante. Même quelqu’un qui se perd dans le menu principal de sa console devrait s’en sortir. Le problème vient davantage de l’ergonomie à la manette, qui manque parfois de confort et rend certaines manipulations moins naturelles qu’elles ne devraient l’être. Rien de catastrophique, mais suffisamment maladroit pour rappeler certaines adaptations console faites à la va-vite.

Pour conclure, Pay To Path reprend une formule déjà vue un millier de fois et tente de la renouveler avec son système de paiement par rotation de tuile. Malheureusement, cette mécanique apporte davantage d’agacement que de profondeur stratégique. Entre son habillage modeste, sa bande-son fatigante et son gameplay qui ne révolutionne rien, le jeu donne surtout l’impression d’être un épisode perdu de « Tuile Simulator ». Reste une source rapide de Gamerscore pour les collectionneurs compulsifs, mais pour les amateurs de casse-têtes, la tirelire risque de ne pas contenir assez de surprises.