Prenez un roguelike. Ajoutez-lui une bonne dose de Peggle. Secouez tout ça dans un shaker pixelisé, et vous obtenez Peglin, ce drôle d’enfant bâtard du RPG tour par tour et du jeu du Fakir qu’on avait dans le Juste Prix à la TV. Oui, sur le papier, c’est l’union improbable de deux genres qu’on n’aurait jamais osé caser ensemble… et pourtant, contre toute attente, le mariage fonctionne. Mais attention, derrière le concept original se cache une réalisation aussi sommaire qu’une boule de gomme dans une machine à 2 francs.

L’histoire ? Les dragons ont piqué tout l’or des Peglins. Et après des siècles à ruminer leur rancune en silence, nos petits gobelins ronds comme des billes ont décidé de faire valdinguer les clous et récupérer leur bling-bling. On part donc à l’assaut des bois, d’une forteresse, puis du repaire du dragon pour régler nos comptes, bille par bille.
Le gameplay repose sur une mécanique inspirée du Pachinko : on vise, on tire, et on regarde notre orbe rebondir joyeusement sur des clous comme une boule de flipper sous acide. Plus elle rebondit, plus on inflige de dégâts aux ennemis en face, qui eux avancent lentement façon RPG au tour par tour, comme s’ils n’étaient pas trop sûrs d’avoir envie d’être là. Les clous spéciaux (critiques, bombes, reset) ajoutent un peu de stratégie, mais au fond, une bonne partie de Peglin se joue surtout à la chance. Un coup de bol, et vous détruisez tout l’écran. Un tir mal placé, et vous vous retrouvez à taper du 3 dégâts en pleurant dans votre chocolat chaud.

Heureusement, entre deux ricochets, on récolte des orbes plus puissantes et des reliques passives qui modifient pas mal le gameplay. Certaines parties deviennent complètement pétés (dans le bon sens), et c’est là que le jeu devient le plus fun : quand tout explose sans vraiment comprendre pourquoi, mais que ça marche.
Mais voilà. Si Peglin brille par son idée, il trébuche violemment sur sa mise en scène. Graphiquement, c’est du pixel art fainéant, genre projet étudiant qui a oublié d’appeler un artiste. L’interface est grossière, avec des textes énormes qui bavent sur l’écran comme un mauvais PowerPoint. Et niveau lisibilité, c’est pas la fête du slip : parfois on ne distingue même pas bien les clous, et ça devient vite confus dès qu’il y a trop de bazar à l’écran.

La musique ? Présente, certes, mais aussi marquante qu’un générique de chaîne info locale. Les bruitages ? Timides. On aurait aimé un peu plus de peps, de théâtre sonore, de dragons qui hurlent et de clous qui chantent. Là, c’est service minimum.
Côté difficulté, le jeu oscille entre “petite promenade forestière” et “guillotine surprise”. Il y a un côté die & retry pas désagréable, mais parfois les ennemis enchaînent les baffes pendant que vous priez pour que votre balle ne rebondisse pas dans le vide comme une loque.

Peglin part d’un concept étonnamment malin, en fusionnant roguelike et pachinko dans une formule qui a de l’idée et qui, parfois, fonctionne à merveille. Mais entre une réalisation franchement cheap, une lisibilité moyenne et un manque d’enrobage sonore, on se dit que ce titre aurait mérité mieux. Peggle 2 est tellement plus agréable à regarder par exemple, et pourtant il commence à dater sévère. Mais Peglin reste sympa à jouer si on accroche au délire en tout cas.
