Dans une galaxie pas si lointaine, loin des sabres lasers et des aliens belliqueux, Pilo and the Holobook nous embarque dans un petit cocon interstellaire de douceur. Pas de bagarre ici, ni de boss géants qui hurlent en latin. On incarne Pilo, un apprenti explorateur bienveillant au grand cœur, armé non pas d’une épée, mais d’un… carnet à autocollants. Et dans le monde de XOP-642, c’est bien plus utile.

Dès les premiers pas dans cet univers, une chose saute aux yeux : c’est mignon. Genre vraiment. Des décors peints à la main comme sortis d’un carnet de croquis de rêve, des planètes aux noms chantants comme “l’astéroïde floral” ou le “SRTOM ensoleillé”, et des créatures étranges mais jamais menaçantes. On dirait que Pikmin et Wuppo ont eu un bébé en lisant Le Petit Prince.

Le gameplay ? Minimaliste. On explore, on observe, on scanne. Chaque objet ou créature rencontrée se transforme en autocollant numérique dans notre cher Holobook. Ce précieux grimoire 2.0 ne sert pas que de collection mignonne : il permet aussi d’interagir avec l’environnement, résoudre quelques énigmes toutes douces et repousser temporairement le vilain Tar, cette substance noire gluante qui vient gâcher la fête comme un chewing-gum collé sous la table d’un banquet galactique.

Les mécaniques évoluent un peu au fil du jeu avec de nouvelles capacités, mais ne vous attendez pas à un virage ludique à la Metroid Prime. On reste dans un gameplay pépère, très chill, où le rythme n’est jamais brusqué. C’est davantage une expérience contemplative, un appel à la curiosité et à la bienveillance. Pilo n’est pas un héros, c’est un ami du vivant, un genre de zoologue spatial avec un flair pour les stickers.
Côté ambiance sonore, c’est tout en tendresse. Une musique douce, un peu répétitive parfois, mais jamais intrusive. Les bruitages sont eux aussi dans le ton : ni clinquants ni envahissants, juste là pour faire sourire. Mention spéciale à l’univers sonore du “Labship” où l’on retrouve Prof, notre mentor rigolo, qui rappelle un peu un savant fou sous Lexomil.

L’histoire, elle, se laisse suivre mais n’a pas la prétention de nous retourner le cerveau. On est plus sur une suite de petites rencontres et de mystères légers autour du Tar, plutôt qu’un récit haletant. C’est mignon, mais ça manque un peu de punch. On finit parfois par tourner en rond, en cherchant les derniers éléments à scanner comme un étudiant stressé qui relit une feuille de TD en boucle avant un oral.
En bref, Pilo and the Holobook n’est clairement pas le jeu de l’année, mais il ne cherche pas à l’être. C’est une bulle d’oxygène dans un monde vidéoludique souvent saturé de violence, de défis à s’arracher les cheveux et de lootboxes criardes. Ici, pas de game over, pas d’ennemis, pas de stress : juste de la douceur, de l’observation, et une encyclopédie à remplir à coups d’autocollants.

Pilo and the Holobook est un jeu mignon et chill, sans violence ni grosse difficulté. Ce n’est pas un chef-d’œuvre impérissable, loin de là, mais ça fait un bien fou de retrouver un peu de tendresse dans cette galaxie de brutes.
