Test de Planet of Lana II – Un voyage qui attrape ton cœur et ne le rend plus

Sorti en 2023, Planet of Lana était le premier titre de Wishfully Studios et on peut dire qu’ils avaient frappé très fort. Si vous aimez les jeux à la Limbo, Inside, Planet Alpha ou encore Stela, il y a de grandes chances que vous adoriez ce jeu. Alors forcément, lorsque j’ai découvert l’annonce d’un épisode 2, j’étais aux anges. Après l’avoir terminé en 7 heures de jeu environ, je peux enfin vous donner mon avis complet.

C’est beau !

On débute Planet of Lana II avec un prologue qui résume l’histoire du premier épisode en quelques minutes. Un rappel bienvenu qui nous remet directement dans l’ambiance. Ensuite, on reprend très vite le contrôle de Lana, accompagnée de son fidèle acolyte Mui. Planet of Lana II nous catapulte dans une planète splendide mais pas super accueillante, où Lana et Mui doivent traverser montagnes gelées, océans qui sentent le naufrage potentiel et ruines hantées par l’égo démesuré des machines. Une aventure cinématographique, poétique, silencieuse: bref, un truc qui veut absolument toucher ton âme, et qui y arrive un peu trop bien parfois, genre Pixar mais avec des dangers qui t’assomment dès que tu éternues au mauvais endroit.

C’est mignon

Concernant les graphismes, le studio Wishfully s’est encore une fois donné à fond, probablement dopé à un mix étrange entre aquarelles scandinaves et nostalgie des livres d’aventure pour enfants. Chaque plan ressemble à une illustration dont tu pourrais faire un poster et prétendre que c’est pour la déco alors qu’en vrai: c’est pour l’ego. Les panoramas jouent avec la profondeur: zoom avant, zoom arrière, comme si la caméra avait décidé d’être elle aussi un personnage qui fait son cinéma. Les animations sont fluides, organiques, et même les herbes bougent avec plus de grâce que moi un lundi matin. On se surprend à s’arrêter juste pour regarder un coucher de soleil extraterrestre ou un robot errant: un peu comme si Journey avait rencontré Ori dans un musée et qu’ils s’étaient dit « tiens, si on faisait un bébé ? ». Bref, on est dans la continuité du premier épisode, avec un peu plus de détail et des environnements plus variés.

Les niveaux aquatiques sont superbes

Au niveau du gameplay, on retrouve le duo Lana-Mui toujours aussi irrésistible, une sorte de buddy movie interstellaire où l’un a deux jambes et l’autre a deux grammes de fluff. Cette mécanique asymétrique fonctionne admirablement: Lana bouge, saute, grimpe, tandis que Mui sert d’assistant polyvalent, genre mini-Dr Watson mais qui miaule. On ne switch pas entre eux: on donne juste des ordres à ce petit compagnon, ce qui évite le syndrome « je contrôle deux persos et je perds mes nerfs ». On résout des énigmes intelligentes sans jamais sentir que le jeu veut nous humilier. Alors oui, on meurt parfois: un robot nous spotte, un saut raté façon « je vise mais pas la plateforme », et hop, respawn. Heureusement, les checkpoints sont plus nombreux que les pubs dans une vidéo YouTube de 10 minutes, ce qui rend l’aventure fluide et jamais punitive.

Des énigmes intelligentes et gratifiantes

Pour la progression et la difficulté, tout est calibré comme une recette de grand-mère: simple, efficace et réconfortant. Les puzzles jouent sur l’observation et le timing, et même si parfois votre cerveau fait un arrêt buffet, la solution finit par apparaître naturellement, sans ragequit. On avance toujours, même quand on trébuche, grâce à une courbe de progression pensée pour ne jamais frustrer. Planet of Lana II dure environ 6 à 8 heures: pile ce qu’il faut. Pas de remplissage, pas de quests inutiles, pas de « ramène-moi 12 boulons » à la Horizon Zero Dawn. Juste une aventure qui sait où elle va, et qui nous entraîne avec un rythme maîtrisé. Et attention, anecdote véridique (ou pas): j’ai failli manquer un puzzle parce que j’étais trop occupé à caresser Mui mentalement. Comme quoi, l’immersion peut avoir des effets secondaires.

Un voyage dans le passé

Pour la bande-son, il faut tout simplement dire merci. Merci au compositeur qui a probablement décidé un matin: « Aujourd’hui, je vais faire pleurer tout le monde sans un seul dialogue ». Les thèmes orchestraux collent aux émotions, aux virages narratifs, aux moments où Lana découvre un pan de l’histoire de sa planète. Même les bruitages respirent la vie: l’herbe, les machines, les ruines… tout semble murmurer quelque chose. On se retrouve dans des séquences où la musique prend tellement le dessus que c’est presque une séance de cinéma en plein air, mais sans popcorn parce que tenir un pad et des grains chauds, c’est non. Le tout est accompagné de quelques mots prononcés dans la langue étrange de Lana, ce qui ajoute un charme unique et accentue la sensation de vivre un conte intimiste.

Nom de Zeus

Concernant la narration et le rythme, Planet of Lana II continue dans sa tradition du « moins tu parles, plus tu racontes ». L’histoire avance à travers les environnements, les animations et les moments partagés entre les deux personnages. Leur relation évolue, s’étire, se renforce: c’est mignon mais aussi brutal parfois. La quête pour comprendre le passé de leur planète et celui de Mui donne au scénario un poids réel, un mélange de mystère, d’émotions et de questionnements sur le progrès technologique. Et entre nous, certains plans mériteraient un Oscar du meilleur silence.

Attention !

En conclusion, Planet of Lana II réussit l’exploit d’être une suite qui reprend les bases solides de son aîné mais qui l’enrichit, l’agrandit, l’élève. On retrouve la magie du premier, mais tout est plus solide, plus ample, plus maîtrisé. C’est beau, c’est émouvant, c’est malin, et ça vous colle un sourire niais pendant des heures après la fin. Et si vous avez le Game Pass Ultimate, vous n’avez littéralement aucune excuse: même mon grille-pain se lancerait dans l’aventure s’il pouvait brancher une manette. Bref, foncer n’est plus un conseil: c’est un devoir moral, presque civique.