Guider un petit carlin somnolent à travers des mondes psychédéliques pourrait ressembler à un rêve doux… ou à un cauchemar vaguement inspiré par un épisode trop coloré de Dora. Pogui, lui, veut juste dormir, mais il se retrouve à sprinter entre des jouets géants, des bonbons qui ont l’air de vouloir l’adopter de force, et des plages qui semblent avoir été peintes par un fanatique de crayons de couleur. Heureusement, son envie de sieste est plus forte que tout: on l’aide à éviter les pièges, les ennemis et les catastrophes improbables pour qu’il puisse retourner roupiller. Un héros des temps modernes, vraiment.

Au niveau des graphismes, Pogui adopte un pixel art rétro qui sent bon les années 80: simple, propre et suffisamment coloré pour qu’on ait l’impression de tomber dans un paquet de Skittles. Rien de révolutionnaire, mais l’ensemble fonctionne, surtout quand Pogui enfile des costumes comme une toque de chef ou une combi spatiale: littéralement le Marvel Cinematic Universe du mignon. Chaque monde change suffisamment pour donner l’impression de voyager, un peu comme dans Inception, mais sans la bande-son inquiétante ni les rêves qui s’écroulent.

Concernant le gameplay, le chien répond étonnamment bien: il court, il saute, et… c’est tout. Mais le minimalisme a parfois du bon. Les niveaux s’enchaînent rapidement, les pièges sont lisibles, et l’endurance ajoute juste assez de tension pour nous rappeler qu’on n’est pas là pour une balade digestive. Le mode miroir, lui, donne l’impression qu’un développeur a décidé de tester notre patience, probablement en riant comme un super-vilain de série B. Heureusement, les 2000G se débloquent facilement, ce qui fera plaisir à tous les chasseurs de succès qui considèrent les jeux comme des distributeurs automatiques de Gamerscore.

Pour la bande-son, on navigue dans quelque chose de léger, rythmée juste ce qu’il faut pour maintenir le tempo. On est parfois proche du thème d’un mini‑jeu de Kirby qui aurait trop bu de soda, mais ça accompagne très bien l’action. Rien qui reste en tête comme un morceau maudit de TikTok, heureusement, mais assez pour tenir la route et éviter le silence gênant façon soirée sans playlist.
Concernant la durée de vie, les cinq mondes et leurs quelques niveaux chacun se parcourent assez vite. On peut boucler l’aventure en une soirée, un peu comme ces films qu’on lance sur Netflix juste pour avoir quelque chose en fond, mais qui se révèlent finalement pas si mal. Le mode miroir rallonge timidement l’expérience, mais on reste dans un jeu volontairement court, assumé comme tel: une petite sucrerie vidéoludique qu’on mange vite avant qu’elle ne fonde.

Pour conclure, Pogui n’essaie jamais de révolutionner quoi que ce soit, et c’est peut-être ce qui le rend sympathique. Simple, efficace, mignon au point de provoquer un léger diabète émotionnel, le jeu est parfait pour une pause express, une soirée tranquille ou une mission Gamerscore rapide. Pas de chichi, pas de twist scénaristique façon Matrix: juste un petit chien qui veut dormir, et franchement, on le comprend.
