Pokettohiro, c’est le genre de titre qui débarque avec une pancarte “hommage au rétro” et qui pense qu’on va tous fondre rien qu’en voyant des pixels 8 bits clignoter sur l’écran. Le pitch est classique : un Cristal Magique en miettes, un Chevalier Noir qui menace le royaume, et une bande de héros qui se lancent dans une quête épique pour sauver le monde. Bref, du RPG à l’ancienne revisité sauce action/plateforme, avec un monde ouvert à explorer, des donjons cachés, des héros à recruter et des villageois qui adorent vous confier leurs petits tracas.

Sur le papier, tout est là pour titiller la fibre nostalgique. Le problème, c’est qu’en pratique, l’expérience a plus de points communs avec un vieux magnétoscope qui mange les cassettes qu’avec une aventure fluide et agréable.
Visuellement, on est sur un mélange entre Game Boy Color et NES : ça fait sourire une minute, ça lasse au bout de cinq. L’esthétique 8 bits a déjà son public, mais ici, ça manque de charme pour accrocher ceux qui n’ont pas grandi avec un écran cathodique qui grésille. Même constat côté musique : du chiptune bien gras qui aurait pu mettre l’ambiance… sauf qu’au bout de quelques minutes, ça donne plus envie de couper le son que de fredonner les thèmes en boucle.

Côté gameplay, c’est encore plus problématique. Le héros glisse comme s’il avait de la savonnette sous les bottes, les sauts sont imprécis et les coups d’épée font mouche une fois sur deux (et pas toujours sur l’ennemi visé). Les hitbox sont aux fraises, rendant chaque combat plus frustrant qu’épique. Pas étonnant que les développeurs aient planqué une option “vies infinies” dans les menus : c’est presque une reconnaissance officielle que le jeu est injouable sans ça.
Et comme si ça ne suffisait pas, Pokettohiro est d’une bavardise sans fin. Les dialogues s’étirent sur des kilomètres, uniquement en anglais, ce qui peut vite décourager ceux qui n’ont pas envie de lire un roman traduit par Google entre deux sauts approximatifs. Les six personnages jouables, avec leurs styles différents, auraient pu apporter de la variété… mais quand la base du gameplay ne tient pas debout, difficile d’apprécier les subtilités.

En conclusion, Pokettohiro est un jeu bavard et trop vieillot. Les fans de oldies pourront peut-être y trouver un charme désuet, mais pour ma part, la fibre nostalgique n’a pas pris. Ça sent plus la naphtaline que l’épopée héroïque.
