Après Raccoon is Hungry et Fox is Hungry, voilà que débarque le troisième rejeton de la série Is Hungry. Cette fois, c’est un opossum qui a une dalle de mammouth et qui part grignoter tout ce qui traîne en ville. Sur le papier, on nous vend un jeu d’agilité et de réflexes, avec un soupçon de mignonnerie masquée sous le pixel art. Dans la réalité, c’est un peu comme commander un menu gourmet et recevoir un vieux sandwich à moitié mâché, sans serviette, ni boisson.

Autant le dire tout de suite : si vous avez joué à l’un des deux premiers volets, félicitations, vous avez déjà joué à celui-ci. Possum is Hungry, c’est du copier-coller pur et dur. Même moteur, même gameplay, mêmes pièges, même level design (ou plutôt, absence de level design). Le personnage principal change, mais il est tout aussi laid que ses prédécesseurs. Le bestiau ressemble davantage à un pixel mal compressé qu’à un opossum, avec des animations dignes d’un fond d’écran sous Windows 95.

Visuellement, c’est un festival de mauvais goût. Les décors ? Un unique fond urbain ultra répétitif. Les graphismes ? Du pixel art fainéant, baveux, avec une palette de couleurs délavée qui pique les yeux. Aucun effort sur la variété : on enchaîne les 25 niveaux comme on feuillette un vieux catalogue Lidl, sans surprise et sans plaisir. Les pièges sont recyclés ad nauseam, et parfois, on meurt sans trop savoir pourquoi. Hitbox hasardeuse, collisions approximatives, murs qui vous expulsent dans le vide… On a l’impression que même le moteur du jeu n’a plus envie d’être là.

Le gameplay, quant à lui, se limite à deux actions : sauter et dasher. Ce qui, en soi, pourrait suffire si c’était bien fait. Mais ici, tout est mal calibré. Le dash est capricieux, la physique bancale, et on sent bien que personne n’a testé le jeu sérieusement avant sa mise en ligne. C’est un peu comme essayer de jouer à la corde à sauter avec une rallonge électrique : ça peut marcher, mais il y a de fortes chances que ça finisse mal.
Côté ambiance sonore, c’est l’économie maximale. Une musique de menu qui ressemble à une sonnerie de réveil cassée, une musique de jeu qui tourne en boucle sur dix pauvres notes, et des bruitages à peine dignes d’un collégien qui découvre Audacity. On soupçonne même que certains sons ont été faits à la bouche, entre deux bâillements de lassitude.

Alors oui, le jeu ne dure que 30 minutes. Ce qui est à la fois une bénédiction (la douleur est brève) et un aveu d’échec (même l’opossum a jeté l’éponge au bout d’une demi-heure). Il coûte cinq euros, ce qui est objectivement trop pour ce qui ressemble à un projet de devoir de fin d’année raté. Et le pire dans tout ça ? Le jeu est décliné en trois versions : Xbox One, Xbox Series, et PC. Et vous pouvez même tout acheter en pack pour 15 euros. Le tout, uniquement pour cumuler les succès à la chaîne. Oui, c’est littéralement conçu pour traire les complétionnistes en manque de G points. Un attrape-pigeon d’école, sans vaseline ni merci.
Possum is Hungry n’est pas un jeu, c’est un racket pixelisé. Il est là pour prendre votre argent, sans dire merci, et en vous crachant à la figure au passage. Le parfait exemple du jeu à éviter sur le store Xbox. Même un opossum affamé refuserait d’y toucher.
