Test de Racing Champions – Tant qu’on ne tourne pas, ça va ?

Racing Champions se présente comme un jeu de course mêlant simulation et arcade, avec la promesse d’une prise en main accessible mais exigeante sur la durée. Entre circuits variés, voitures aux comportements distincts et modes solo ou multijoueur local, le titre veut faire croire qu’il a tout compris au plaisir du sport automobile. Sur le papier, le moteur ronronne plutôt bien. Une fois la manette en main, c’est une autre histoire.

D’abord, impossible de nier que la direction artistique fait le job. C’est coloré, c’est propre, presque mignon par moments. Les voitures sont lisibles, les circuits ont une vraie identité visuelle et l’ensemble donne envie d’y croire. Pendant quelques minutes, on se dit que ça pourrait être une bonne surprise, un petit jeu sans prétention mais efficace. Bref, visuellement, Racing Champions sait appâter le chaland.

Mais dès qu’on appuie sur l’accélérateur, le vernis craque. Le gameplay est tout simplement catastrophique. Aucune sensation de conduite, la voiture donne l’impression de flotter au dessus de la piste comme si les pneus étaient en savon. Impossible de ressentir la vitesse, encore moins le freinage. On tourne le volant, on prie, et on espère que la voiture accepte de suivre l’idée générale.

La physique est tellement approximative qu’on ne sait jamais si on va passer un virage ou finir en tête à queue sans raison apparente. La précision annoncée par le jeu ressemble davantage à une loterie permanente. On ne maîtrise rien, on subit tout. Et dans un jeu de course, c’est rarement bon signe.

Comme si ça ne suffisait pas, la caméra en vue de haut qui pivote en permanence achève ce qui restait de plaisir. La direction change constamment, ce qui rend la lecture de la piste infernale. On passe plus de temps à lutter contre l’orientation de l’écran qu’à réellement piloter. Résultat, on mord le décor, on sort de la piste et on perd tout repère. Injouable est un mot fort, mais ici il n’est pas exagéré.

Le contenu, pourtant généreux avec ses 18 circuits et ses 32 voitures, n’arrive jamais à sauver l’expérience. Peu importe le véhicule choisi ou la difficulté de l’IA, les sensations restent les mêmes, c’est à dire inexistantes. Le multijoueur local aurait pu être un argument fun entre amis, mais encore faut il que le jeu soit jouable, ce qui n’est malheureusement pas le cas.

Côté sonore, on est sur du service minimum. La bande son est médiocre, sans énergie ni personnalité, et n’aide absolument pas à créer une ambiance de course. Les bruitages font le strict nécessaire, sans relief, sans impact. Là encore, Racing Champions passe à côté de son sujet.

Racing Champions est un mauvais jeu de course. Les visuels ne sont pas désagréable, on y croit, mais dès qu’on appuie sur l’accélérateur et qu’on arrive au premier virage, on a surtout envie de mettre les warning et de laisser la voiture en rade sur le bas côté. Un titre qui donne l’illusion du contrôle, mais qui finit surtout par donner envie de couper le moteur et de rentrer à pied.