La litiére de Chat Naze n’avoue re ronron

Je vous parle d’un temps
Que les moins de vingt ans
Ne peuvent pas connaître
La manette entre les mains
On cherchait le matin
Le chat sous la fenêtre
Et si l’appartement
Était petit, charmant
Rempli d’objets modernes
On cliquait sur tout, là
Pour débusquer un chat
Près de la sous-tasse terne.

La litière, la litière
Ça voulait dire : on est castré
La litière, la litière
Et nous y passions la soirée.

Dans cet environnement
On comptait trois appartements
Aux multiples pièces
Il fallait faire pivoter
Les décors pour trouver
Où se cachait l’espèce
Façon Monument Valley
La perspective trompait
Nos yeux et nos sourires
Un changement d’angle malin
Et voilà qu’un félin
Surgissait pour nous faire rire.

La litière, la litière
Ça voulait dire : on est joueur
La litière, la litière
Et nous y trouvions le bonheur.

De cinquante à cent chats
Par pièce, ils étaient là
Bien camouflés, mystère !
Petits et grands s’y mettaient
Tant ce petit jeu sympa plaisait
À toute la maisonnée entière
Pour à peine cinq euros
On s’offrait le repos
D’une après-midi magique
À traquer le ronron
Au milieu du salon
Et de sa vie publique.

La litière, la litière
Ça voulait dire : on a trouvé
La litière, la litière
Et tous les matous sont casés à nous les 1000G.
Quant au hasard des clins d’œil
Au monde moderne et son deuil
Je repense à ma console
Je réalise qu’en une fois
Tous ces chats m’ont mis en joie
Et que le temps s’envole
En changeant de point de vue
La vérité mise à nu
Révélait les moustaches
On a cliqué partout
Sur le moindre des boutons
Pour finir notre tâche…

La litière, la litière
On était jeunes, on était fous
La litière, la litière
Et ça n’en valait pas un clou… de plus que cinq euros !

