Prenez un metroidvania en 2D, ajoutez-y un peu de lore galactique mystérieux, une poignée de combats à l’épée, quelques pouvoirs à débloquer… et saupoudrez le tout d’un hommage à Pac-Man, oui, le Pac-Man, celui qui gobait des fantômes en se prenant pour une boule de bowling affamée. Voilà la recette que propose Shadow Labyrinth, un jeu qui tente de moderniser l’icône jaune fluo dans un monde post-apo intergalactique. Rien que ça.

Sur le papier, l’idée est plutôt originale : revisiter Pac-Man sous la forme d’un metroidvania, avec un scénario sombre et un monde semi-ouvert à explorer. On incarne l’Épéiste n°8 (ça sent bon le recyclage de clones), réveillé par PUCK, un orbe flottant vaguement menaçant qui semble avoir binge-watché toutes les saisons de Black Mirror avant de vous recruter. Objectif : dévorer les ennemis pour évoluer et percer les secrets d’un monde qui n’attendait que vous pour trembler. Bon, ou pas.

Manette en main, on retrouve les classiques du genre : cartes à explorer, portes bloquées, capacités à débloquer, monstres à taper. Et même si le gameplay devient plus nerveux avec le temps, les premières heures manquent de punch, l’Épéiste ayant visiblement fait une sieste de quelques millénaires un peu trop longue. Le vrai twist vient des phases “Pac-Man”, où l’on se transforme littéralement en boule jaune dévoreuse. Rigolo au début, mais l’effet de surprise s’émousse vite : ces séquences sont trop scriptées, trop sur des rails, et cassent le rythme au lieu de l’enrichir.

Visuellement, Shadow Labyrinth n’a pas vraiment choisi son camp. Les décors en arrière-plan sont flous comme une photo de soirée mal cadrée, pendant que les premiers plans, eux, sont d’une netteté chirurgicale… sauf qu’ensemble, ça ne matche pas. L’ensemble donne un rendu étrange, voire désagréable, avec une direction artistique qui semble ne pas trop savoir où elle veut aller. Et côté animation, on reste sur du service minimum. L’Épéiste n°8 ne respire pas la grâce, et ses ennemis ont des animations limitées.
Côté ambiance sonore, le jeu souffle le tiède : certaines musiques sont jolies, c’est vrai, mais l’OST donne souvent l’impression d’avoir été lancée en aléatoire. Une musique planante au beau milieu d’un combat intense ou un thème technoïde dans une crypte silencieuse… disons que le DJ PUCK aurait mérité une petite formation de cohérence.

Reste une durée de vie honnête. Comptez une vingtaine d’heures si vous voulez explorer chaque recoin du labyrinthe et croquer tous les secrets. Pour un tarif de 29,99 euros, c’est un bon rapport temps/prix, à condition de tolérer les défauts techniques et l’inspiration fluctuante.
En conclusion, Shadow Labyrinth voulait proposer un concept original pour dépoussiérer le mythe de Pac-Man, mais en chemin, il s’est un peu perdu dans ses propres couloirs. On se retrouve avec un metroidvania assez banal, à la réalisation moyenne, qui ne parvient ni à transcender son modèle, ni à imposer sa personnalité. Bref, un labyrinthe dont on ressort sans avoir vraiment trouvé le trésor.
