Dès les premières minutes, on comprend que Charles Dalton n’a pas signé pour une balade champêtre. Imaginez un analyste médico-légal coincé dans un manoir Tudor, armé d’un taser et d’une lampe torche, à la recherche d’indices pendant qu’un psychopathe rôde. Oui, c’est un peu comme si Dexter avait oublié ses couteaux et s’était retrouvé dans Resident Evil, mais sans les zombies pour lui tenir compagnie. L’ambiance est glaciale, la corne de brume hurle au loin, et vous vous demandez pourquoi vous avez accepté ce job. Spoiler : ce n’est pas pour le salaire.

Concernant les graphismes, on est dans la moyenne des walking simulators horrifiques. Ce n’est pas moche, mais ce n’est pas non plus le genre de jeu qui vous fera dire « wow, c’est plus beau que Cyberpunk 2077 après 12 patchs ». Les couloirs sombres et les pièces poussiéreuses font le job, mais on sent que le budget éclairage a été dépensé dans… eh bien, dans l’obscurité. Si vous aimez fouiller des tiroirs dans des environnements lugubres, vous serez servi. Sinon, préparez-vous à passer beaucoup de temps à admirer des murs texturés façon « papier peint des années 70 ».

Pour le gameplay, c’est simple : fouille, analyse, survie. On passe son temps à chercher des clés, des documents et des traces de sang, comme un Sherlock Holmes sous caféine mais avec un taser en guise de revolver qui sert surtout à désactiver des systèmes électroniques. Oui, parce qu’apparemment, même les manoirs hantés ont des serrures high-tech. Le jeu propose plusieurs modes : histoire pour les amateurs d’enquête pure sans tueur sans les pattes, normal pour ceux qui aiment le frisson, et hardcore pour les masochistes qui veulent recommencer à chaque mort. Bref, il y en a pour tous les goûts, sauf pour ceux qui espéraient un mode « je cours plus vite que le tueur ».

Pour la bande-son, c’est une réussite. Les bruits de pas dans les couloirs, les grincements de portes et cette corne de brume qui vous rappelle que vous êtes seul (ou pas) : tout est là pour vous faire regretter d’avoir éteint la lumière chez vous. Les doublages anglais sont corrects, mais l’absence de sous-titres français casse un peu l’immersion. Sérieusement, en 2026, ne pas proposer une localisation, c’est moche. Dommage, parce que l’histoire mérite qu’on s’y plonge sans avoir besoin d’un dictionnaire.
Concernant la durée de vie, comptez environ trois heures pour un premier run. Alors, est-ce que ça vaut le coup ? Si vous aimez les expériences courtes mais intenses, oui. Si vous cherchez un jeu qui occupera vos soirées pendant un mois, passez votre chemin. À moins que vous ne soyez du genre à refaire le jeu en hardcore juste pour prouver à vos potes que vous êtes « un vrai gamer » (spoiler : ils s’en fichent).

Au final, She’s Leaving est un titre qui surprend. On commence sceptique, on finit accroché à son fauteuil, à scruter chaque recoin comme si notre vie en dépendait (et dans le jeu, c’est le cas). L’ambiance est maîtrisée, le concept est original, mais l’absence de sous-titres français et la durée de vie limitée empêchent le jeu de devenir un incontournable. C’est un peu comme commander un burger sans frites : c’est bon, mais il manque quelque chose pour que ce soit parfait.