Test de Snoopy & The Great Mystery Club – Le beagle mène l’enquête

Snoopy, ce bon vieux chien philosophe au flair d’enquêteur et à l’imagination galopante, revient sur consoles dans Snoopy & The Great Mystery Club. Développé par Cradle Games et édité par GameMill Entertainment, le jeu se veut une aventure d’enquête familiale où notre beagle préféré troque sa niche contre une loupe pour résoudre des mystères. L’idée est charmante, l’univers fidèle à la BD, et les fans des Peanuts devraient sourire en voyant Lucy, Marcie ou Charlie Brown en 3D. Sur le papier, c’est mignon comme une sieste au soleil sur le toit de sa niche. En pratique… c’est surtout une longue promenade dans le quartier, sans grand rebondissement.

A la niche !

Tout commence lorsqu’un drame frappe la vie tranquille de Snoopy : sa gamelle est vide. Panique à bord. Le voilà donc parti dans une aventure pleine d’indices, de déguisements et de dialogues rigolos. Rapidement, on découvre que chaque costume (enquêteur, pirate, aviateur…) apporte une compétence spéciale. Snoopy en détective peut suivre des traces de pas, en pirate il creuse, en aviateur il souffle sur les feuilles… bref, un beagle multifonction ! L’idée est chouette et ajoute un peu de variété à une progression assez sage.

Berthe aux grands pieds

Le jeu est découpé en plusieurs chapitres où Snoopy explore différents lieux familiers : la maison de Charlie, l’école, la forêt ou encore le camp près du lac. Il papote avec ses amis, résout de petites enquêtes et participe à quelques mini-jeux (courses de caisses à savon, jeux de mémoire, séquences de vol contre le Baron Rouge…). Ces moments sont clairement pensés pour les enfants : simples, lisibles, et avec plusieurs niveaux de difficulté. Pas de prise de tête ici, juste un petit coup de patte au bon moment.

Cherche et trouve

Là où le collier se resserre un peu, c’est sur la structure du jeu. Snoopy passe son temps à faire des allers-retours. Et pas des petits. On court (enfin, on trottine mollement) d’un coin de la map à l’autre, pour parler à l’un, puis ramener un objet à l’autre… avant de repartir dans la direction opposée. Même avec le déplacement rapide via les arrêts de bus, la lenteur du personnage finit par gratter la patience, même chez les plus calmes des joueurs. Le tout donne un rythme haché et une impression de remplissage assez nette. On sent que les développeurs ont voulu rallonger la sauce, mais le plat devient tiède avant la fin.

C’est la période

Et pourtant, tout n’est pas à jeter ! Le jeu a une vraie tendresse dans son écriture. Les dialogues respectent parfaitement l’esprit Peanuts, les mini-jeux sont sympas et les environnements colorés sont un plaisir à parcourir. La direction artistique est soignée, et la caméra fixe rend la prise en main accessible aux plus jeunes. Malheureusement, cette même caméra peut manquer de fluidité. Rien de dramatique, mais ça pique un peu les yeux du joueur attentif.

Ne pas en faire un savon

Autre souci : les doublages. Ou plutôt, leur absence en français. Le jeu est intégralement en anglais, sous-titré en français. Pour des enfants, cela veut dire beaucoup de lecture… et donc souvent un parent réquisitionné pour faire la voix de Snoopy. Ce manque de localisation vocale gâche un peu le côté familial et casse le rythme pour les plus jeunes, qui risquent vite de décrocher. Dommage, car l’aventure, sans être renversante, reste attachante. Enfin, côté son, on retrouve des musiques jazzy plutôt réussies, dans l’esprit du dessin animé original. Malheureusement, elles tournent vite en boucle et finissent par devenir énervantes.

Au final, Snoopy & The Great Mystery Club est un titre qui respecte totalement le personnage, mais qui devient vite lassant avec ses déplacements répétitifs. Et pour les enfants, le manque de voix françaises risque d’être un vrai frein. Dommage, c’était mignon comme tout sinon.