Quand Miho entre dans le garde-manger pour piquer une pomme de terre destinée à la soupe de sa grand-mère, il ne s’attend sûrement pas à finir aspiré dans un monde féérique. Au menu : des forêts tropicales pleines de mystères, des villages qui tiennent à peine debout, des bêtes qui parlent et des personnages aussi étranges qu’attachants. Bref, un grand voyage pour une petite patate.

Graphiquement, SOPA a tout du dessin animé interactif. C’est mignon, coloré, plein de charme, avec des décors qui respirent la tendresse. On a parfois l’impression de se balader dans un film d’animation latino-américain façon Encanto, et franchement, ça marche. Par contre, le framerate, lui, a décidé de vivre sa vie. Un coup fluide, un coup saccadé, et souvent avec un scintillement qui donne envie de vérifier si on n’a pas renversé du sable sur l’écran.

Côté histoire, le jeu réussit à rester léger sans tomber dans la niaiserie. Miho avance dans ce monde fantastique avec curiosité, et on le suit volontiers pendant les 3 ou 4 heures que dure l’aventure. C’est court, mais suffisant : on ne s’ennuie pas, chaque lieu a son ambiance et ses personnages bien à lui.

Le gameplay, lui, mélange du point and click simplifié et quelques séquences d’action via des QTE. Pas de quoi transpirer, mais assez pour garder l’attention éveillée. Le personnage se déplace au stick, peut courir, et l’ensemble répond plutôt bien. Rien de révolutionnaire, mais tout fonctionne avec une simplicité bienvenue.
L’ambiance sonore est agréable : musique douce, bruitages immersifs, quelques mélodies qu’on retient. Le souci vient plutôt des voix. Le son est vite répétitif, voire agaçant, comme si chaque personnage avait enregistré sa réplique avec un micro de jouet. Au bout d’un moment, on se surprend à baisser le volume, juste pour retrouver un peu de calme.

Mais le vrai point noir, c’est la langue. SOPA n’est jouable qu’en anglais et en espagnol. Pas de traduction française, pas même des sous-titres. Dommage, parce que l’histoire repose sur les dialogues et les émotions de Miho. Et sans la barrière linguistique, le charme aurait été total.
En résumé, SOPA – Tale of the Stolen Potato est une aventure mignonne comme tout, poétique et sincère, mais quel dommage de se priver d’une traduction française.