South of Midnight, c’est la nouvelle exclusivité des studios Xbox, et ce jeu m’a titillé dès son annonce, même si j’avais quelques réserves. Il faut dire que je n’avais pas vraiment accroché au précédent jeu de Compulsion Games, We Happy Few. Mais j’y crois, car les visuels me donnent vraiment envie !

Nous irons dans les profondeurs envoûtantes du Sud des États-Unis avec South of Midnight, un jeu d’action-aventure captivant où on incarne Hazel, une jeune femme dotée de pouvoirs magiques, appelée à explorer un univers sombre et fantastique après qu’un ouragan dévastateur ait frappé sa ville natale de Prospero. Armée de sa capacité unique de tisseuse, Hazel doit affronter des créatures mythiques et découvrir les secrets enfouis de son passé familial. Ce titre veut nous proposer une expérience visuelle soignée, imprégnée d’une ambiance travaillée et enrichie d’une narration immersive, offrant un voyage poignant à travers les paysages délabrés mais luxuriants du comté de Prospero.

Dès les premières minutes, la direction artistique saute aux yeux : c’est magnifique, une vraie réussite. On sent l’inspiration de la Louisiane et de son folklore, avec des décors imprégnés d’une atmosphère envoûtante. Graphiquement, les effets de lumière sont superbes, les textures sont soignées et l’esthétique globale rappelle celle d’un film d’animation, avec une identité visuelle marquée. Les animations des personnages utilisent un effet stop-motion pour accentuer cette impression « d’animation faite à la main ». Si ce style saccadé vous rebute, sachez qu’il est possible de le désactiver pour une fluidité classique (sauf dans les cinématiques, qui conservent cet effet).

Les environnements sont vraiment variés, et le jeu se permet quelques envolées visuelles surprenantes qui renforcent l’immersion dans le périple d’Hazel. L’aventure se découpe en 14 chapitres, pour une durée de vie d’environ 10 à 12 heures, selon le niveau de difficulté choisi. Idem, si vous fouillez partout pour trouver tout ce qui est caché, cela rallongera un peu la durée de vie. En mode facile, j’ai mis une petite dizaine d’heures pour en voir le bout et je suis loin d’avoir tout découvert.

Le gameplay alterne entre exploration, narration, plateforme, fuite et combats. La boucle de jeu est bien rodée : on arrive dans un niveau, on doit réparer des nœuds pour « soigner » un esprit blessé, puis on enchaîne avec des combats en arène. Une fois notre bouteille magique remplie des souvenirs des esprits, on doit fuir une fumée noire dans des séquences de parkour intenses. Enfin, selon le scénario, on affronte un boss… ou non.

Côté jouabilité, le jeu est riche et varié. Hazel peut courir, sauter, faire un double saut, planer, voler, utiliser un grappin et courir sur les murs. On est loin d’un open-world, mais les niveaux semi-ouverts offrent une belle marge d’exploration. Et ça vaut le coup d’être curieux : le jeu récompense souvent l’exploration avec des notes à lire ou des bouloches à collecter. Ces dernières servent de monnaie pour débloquer et améliorer des capacités pour Hazel… mais aussi pour Crouton, la petite peluche vivante et jouable, capable d’accéder à des zones inaccessibles pour activer des interrupteurs ou libérer des passages.

Les combats, eux, sont dynamiques mais perfectibles. Ils se déroulent uniquement en arènes fermées, avec plusieurs ennemis à gérer en même temps. On peut locker un adversaire et switcher entre eux via le stick droit. Hazel dispose de pouvoirs liés à son statut de tisseuse : elle peut attirer un ennemi, le frapper à distance, envoyer Crouton perturber un adversaire ou déclencher une attaque au sol. L’ensemble est nerveux, mais un peu répétitif, et le système de lock manque parfois de précision, rendant les affrontements brouillons. Heureusement, le tout reste fluide, et la difficulté bien dosée apporte un vrai challenge en mode élevé. Contre les boss, il faudra éviter leurs assauts et exploiter leurs points faibles pour en venir à bout. Classique, mais efficace.

Un mot sur la bande-son, qui est excellente. Déjà, les bruitages environnementaux sont soignés, renforçant l’immersion. Mais c’est surtout la musique qui brille : certaines chansons ont été composées spécialement pour le jeu, accompagnant et sublimant les séquences de gameplay. Ajoutez à cela un doublage entièrement en français, et vous obtenez un enrobage sonore de très grande qualité. Enfin, il faut souligner que le jeu propose beaucoup d’options d’accessibilité, comme la possibilité de pouvoir zapper les combats ou les séquences de poursuite, si jamais vous avez du mal et que vous voulez vous concentrer sur l’histoire du jeu sans vous prendre la tête.

South of Midnight est un excellent jeu d’action-aventure, porté par une narration soignée et une direction artistique superbe. On s’attache vite à Hazel et à sa quête pour sauver sa mère et son monde. Même si le gameplay ne révolutionne rien, il est bien exécuté et cohérent, tandis que l’ambiance graphique et sonore fait toute la différence. Un jeu parfait pour le Game Pass, mais aussi vendu à un tarif attractif (44,99 € en version standard). Que dire de plus, à part, foncez y jouer !
