L’espace, l’ultime frontière… du puzzle game ? Space Filler débarque avec sa combinaison pressurisée et ses cubes à pousser, bien décidé à combler tous les trous d’un vaisseau spatial en ruine. Ce sokoban sauce astronaute vous propose de glisser, pousser et coller des blocs pour éviter la chute dans le vide intersidéral. 30 niveaux vous attendent, accompagnés d’un gameplay magnétique au sens propre, mais un peu moins au figuré.

Le principe est simple comme un schéma de câblage à bord de l’ISS : vous déplacez un petit cosmonaute vu de dessus, façon mission Apollo sous LSD, pour pousser des blocs verts sur des trous béants. Une fois le puzzle rempli sans tomber dans le vide spatial, direction le niveau suivant. On retrouve donc les bases du genre, avec quelques ajouts rigolos comme les blocs jaunes qui deviennent magnétiques et fusionnent avec les autres pour former des formes plus ou moins pratiques (et parfois franchement tordues).

À noter une mécanique pas idiote avec les murs violets : vos blocs magnétiques peuvent s’y aplatir pour reconfigurer leur forme. Ce n’est pas révolutionnaire, mais ça amène un brin de tactique en plus, ce qui n’est pas du luxe vu la mollesse générale des déplacements (heureusement qu’on peut booster ça dans les options, sinon j’en étais à rédiger cette critique en même temps que le James Webb renvoyait ses prochains clichés).
Graphiquement, c’est le néant cosmique. Le fond, c’est l’espace. Les blocs sont verts, les trous sont noirs. Et notre bonhomme ? On dirait un pixel échappé d’un tableur Excel. Quant aux décors, c’est comme si on avait collé un jeu de société sur un écran cathodique. Zéro ambiance, zéro effort de mise en scène. L’univers est peut-être infini, mais ici, il est surtout désespérément vide.

Côté son, n’espérez pas des nappes planantes ou des sons galactiques. Non, ici c’est boucles cheap et bruitages oubliables. Rien qui ne reste en tête, sauf peut-être l’écho de votre propre ennui si vous enchaînez trop de niveaux à la suite. Car si le challenge monte doucement en puissance, on reste tout de même dans une zone de confort cérébral. Mention spéciale à l’option de retour arrière, qui évite les crises existentielles en cas de mouvement foireux.
Et puisque l’aventure ne s’embarrasse pas d’une histoire, de dialogues ou d’identité visuelle, on se retrouve face à un enchaînement de casse-têtes bruts, comme des missions annexes envoyées par un assistant IA à court d’imagination. Heureusement, la récompense est là : 1000G faciles pour les amateurs de chasse au succès.

Space Filler est un de ces sokoban de plus, qui essaie de se distinguer avec un petit twist magnétique sans réussir à sortir de l’orbite des autres jeux du genre. Ni désastreux, ni mémorable, il fait le boulot, mais il le fait avec la grâce d’un satellite qui s’éteint lentement. Bref, un jeu qui comble des trous… sans vraiment remplir le vide.
