Dans Stasis, vous vous réveillez dans un vaisseau spatial qui a clairement oublié de passer l’aspirateur… et le psy. Ce pointer-cliquer isométrique mélange horreur de science-fiction et casse-tête bien huilés. On clique, on fouille, on combine des objets et on active des terminaux dans l’espoir de comprendre ce qui s’est passé à bord du Groomlake. Au programme : narration sombre, doublage pro et musique signée Mark Morgan, le tout dans une ambiance qui ne respire pas vraiment la détente (ni l’air pur).

On ne va pas se mentir : il faut immédiatement accepter que Stasis n’a pas été conçu hier, ni même avant-hier. Il a dix ans au compteur, et ça se voit. Les décors 3D isométriques sont soignés mais affichent un grain prononcé, à mi-chemin entre un effet artistique assumé et un léger cache-misère. Le personnage principal, lui, n’est pas un modèle de détails ni d’animation, un peu comme si sa modélisation avait été confiée à un stagiaire motivé mais pressé par le temps.

Le gameplay, lui, joue la carte du rétro pur jus : du point and click des années 2000, avec inventaire, clic frénétique sur les éléments interactifs et petits allers-retours pour trouver la bonne combinaison d’objets. On retrouve vite cette sensation nostalgique de tripoter sa vieille souris optique sur un PC sous Windows XP. Les amateurs d’aventure old-school apprécieront, les autres trouveront ça… gentiment poussiéreux.

Heureusement, Stasis a d’autres arguments. L’histoire est vraiment prenante, avec une écriture travaillée qui donne envie de dérouler le fil jusqu’au bout. Le doublage anglais est de bonne qualité, avec un casting vocal crédible, et le tout est intégralement sous-titré en français, ce qui aide à bien suivre sans avoir besoin d’un dictionnaire sous le coude.
L’ambiance sonore est un autre point fort. Les bruitages et la musique (merci Mark Morgan) contribuent à une atmosphère oppressante, parfaite pour ce genre de huis clos spatial. C’est bien simple : on sent presque l’odeur du sang séché et du métal froid. Les énigmes sont bien pensées, au-dessus de la moyenne du genre, et apportent leur lot de satisfaction quand on en trouve la solution.

Avec une durée de vie d’environ 7 à 8 heures, le jeu sait s’arrêter avant de devenir répétitif. C’est assez pour profiter pleinement de son intrigue, résoudre des énigmes variées et se perdre dans ses décors angoissants, sans pour autant s’y noyer.
En résumé, Stasis est un titre sympa si on accepte le côté daté du jeu, que ce soit sur le plan technique ou dans ses mécaniques. Une petite capsule de nostalgie spatiale à savourer si on aime le goût du rétro… et du sang.
