Test de Stay Still – Stay alone

Louez une maison hantée pour une nuit, quelle excellente idée ! Dans Stay Still, vous incarnez Nam, un personnage manifestement allergique à la lumière et au bon goût, coincé dans une baraque vietnamienne où un meurtre a eu lieu en 2008. L’objectif est simple : explorer, résoudre quelques énigmes, et surtout ne pas mourir d’ennui avant d’avoir découvert le grand secret de la maison. Pas d’armes ici, pas même un balai pour taper sur les fantômes : juste vos jambes pour fuir et vos oreilles pour écouter des bruits de pas qui n’annoncent jamais rien de bon.

Un truc bouge au loin

Mais soyons honnêtes : Stay Still ne fait pas peur… sauf quand on regarde sa technique. Le jeu est d’une laideur confondante, avec des textures qui semblent tout droit sorties d’un cauchemar sous Unreal Engine 0.5. Les murs bavent, les textures font pitiées, et la lampe torche éclaire à peine le bout du nez de Nam. On devine presque que les développeurs ont volontairement plongé le jeu dans l’obscurité pour éviter qu’on voie à quel point tout est raté.

Des textures crades

Le fantôme, censé être la star du spectacle, ressemble à un brouillon de silhouette fait sous Paint. On a plus peur d’un bug de chargement que de cette espèce de tâche noire animée qui vous poursuit mollement dans les couloirs. Quant aux jumpscares, ils sont aussi subtils qu’un pétard dans une bibliothèque : soudains, bruyants, mais surtout gênants.

Côté gameplay, Stay Still coche toutes les cases du walking simulator mal foutu : on marche, on clique, on tourne en rond, puis on reclique. On ne sait jamais vraiment quoi faire, alors on passe son temps dans le menu pause à relire l’objectif flou du moment. Il faut interagir avec tout et n’importe quoi : un vase, une porte, une ampoule grillée, dans l’espoir de déclencher un script ou une cinématique bancale.

J’ai cliqué partout

La traduction française mérite une mention spéciale : entre les fautes, les formulations absurdes et les lettres avec accent qui s’affichent en gris foncé sur fond noir (donc illisibles), on se demande si le texte n’a pas été hanté lui aussi. C’est presque poétique : l’horreur devient visuelle et grammaticale.

Le sound design, pourtant censé être un point fort, se limite à quelques notes de piano qui se répètent et à des bruits de pas enregistrés dans une salle de bain. Il y a bien quelques rires d’enfants ou portes grinçantes pour l’ambiance, mais tout sonne faux et artificiel. On n’y croit jamais, pas même une seconde.

Voyage pas cher

En résumé, Stay Still essaie de jouer dans la cour des bons jeux flippants, mais finit plutôt dans celle des jeux d’horreur étudiants oubliés sur Itch.io. C’est moche, mal pensé, et d’une mollesse absolue. La vraie frayeur ici, c’est sa technique… ou pire encore : l’idée d’y rejouer.