Il existe des jeux qui vous font sauver le monde, conquérir des galaxies ou devenir une légende vivante. Et puis il y a Sticker Picker, qui vous propose de chercher 10 différences entre deux images. Voilà. Le concept est tellement minimaliste qu’on a l’impression de feuilleter un magazine d’attente chez le dentiste, mais en version numérique. Les illustrations mettent en scène les personnages de l’univers Afil Games dans des décors colorés, et le titre mise clairement sur une ambiance détendue où l’on prend son temps. Enfin, détendue… jusqu’au moment où l’on cherche pendant trois minutes une différence minuscule cachée dans un coin de l’écran.

Au niveau des graphismes, la promesse d’illustrations exclusives et pleines de détails est un peu exagérée. Les dessins remplissent leur rôle, mais ils ne risquent pas de faire fondre votre GPU ni de rivaliser avec les productions indépendantes les plus inspirées. Certaines scènes donnent même l’impression d’avoir été créées avec le même enthousiasme qu’un élève terminant un exposé cinq minutes avant de passer à l’oral. C’est coloré, certes, mais rarement mémorable.

Concernant le gameplay, difficile de parler d’une grande révolution vidéoludique. On observe, on cherche les différences et, lorsqu’on bloque, on finit souvent par marteler la touche A jusqu’à ce que le jeu nous laisse avancer. Le sentiment d’accomplissement est à peu près comparable à celui ressenti lorsqu’on retrouve enfin une chaussette perdue derrière une machine à laver : techniquement c’est une victoire, mais personne ne va en faire un film Marvel. L’intérêt ludique reste extrêmement limité et les mécaniques ne se renouvellent pratiquement jamais.

Pour la bande-son, on touche à quelque chose d’assez particulier. Les musiques rappellent ces mélodies génériques que l’on entendrait dans un simulateur de café lounge à 2 euros en promotion permanente. Rien n’est franchement mauvais, mais rien ne marque non plus les esprits. Après quelques niveaux, le cerveau commence à classer automatiquement les morceaux dans la catégorie « bruit de fond », un peu comme les musiques d’ascenseur dans lesquelles même les PNJ de The Office auraient du mal à trouver de l’inspiration.

Concernant la durée de vie, tout dépend de ce que vous venez chercher. Les niveaux s’enchaînent rapidement et le défi est rarement insurmontable grâce à l’absence de limite de temps. Le principal argument devient alors la chasse aux succès : les 2000G se récupèrent sans trop de difficultés et constitueront sans doute la motivation principale de nombreux joueurs Xbox. Disons que Sticker Picker ressemble davantage à une petite formalité dans votre backlog qu’à une aventure dont vous vous souviendrez encore dans quelques mois.
Au final, Sticker Picker est un jeu de différences très basique qui peine à justifier son existence autrement que par sa facilité et ses succès généreux. Les graphismes sont quelconques, le gameplay manque cruellement de profondeur et la bande-son accompagne le tout avec l’énergie d’un dimanche pluvieux sans connexion Internet. Reste une expérience courte, simple et accessible, parfaite pour les chasseurs de Gamerscore. Pour les autres, chercher les différences entre deux photos presque identiques risque surtout de leur faire chercher l’intérêt du jeu lui-même.
