Test de Stickman Odyssey – L’odyssée du pétage de plombs

Les jeux de plateformes nous ont offert des expériences variées : de la précision millimétrée d’un Celeste à l’apesanteur volontairement bordélique d’un Human Fall Flat. Stickman Odyssey tente de jouer sur le second tableau, version 2D, en nous mettant aux commandes d’un stickman désarticulé devant sauter, esquiver et combattre à travers des niveaux remplis de pièges et d’ennemis. Sur le papier, ça pourrait être amusant. En pratique, c’est surtout une expérience frustrante qui teste plus votre patience que votre habileté.

Encore des pics

Dès les premières minutes, on comprend que le stickman que l’on incarne tient plus du chewing-gum mal mâché que du ninja acrobatique. Les commandes sont d’une imprécision redoutable : sauter est un défi en soi, tant le timing est bancal et la latence omniprésente. Parfois, votre personnage daigne exécuter un petit bond. Parfois, il vous gratifie d’un saut stratosphérique sans raison apparente. C’est imprévisible, et surtout, c’est horriblement frustrant.

Pan t’es mort

Et que dire du tir ? Autant balancer des cacahuètes sur un char d’assaut. La visée est totalement aléatoire, et il n’est pas rare de vider son chargeur sans toucher un ennemi pourtant planté juste devant vous. Ce manque de précision, ajouté aux hitbox lunaires et aux bugs de collision omniprésents, transforme chaque affrontement en une parodie involontaire du skill gaming. On en vient à se demander si tout cela est volontairement mal fichu pour alimenter le délire du jeu. Si c’est le cas… eh bien, c’est raté.

Les niveaux, en soi, sont plutôt bien pensés dans leur conception, mais à quoi bon si le simple fait d’atteindre une plateforme relève du miracle ? Heureusement, il y a de nombreux checkpoints, ce qui évite de tout recommencer après chaque mort absurde. Et des morts absurdes, il y en aura des centaines : un saut raté à cause de la latence, un rebond aléatoire vous expédiant dans un gouffre, un ennemi esquivé qui vous fait trébucher dans des pics… On avance, on galère, on crie, on recommence.

Des éclairs, une scie, bref on veut ma mort

Visuellement, ce n’est ni beau ni particulièrement moche. Les décors de fond sont un minimum travaillés, mais notre stickman est une simple tache de couleur dotée d’une animation qui tient plus de la marionnette en crise d’épilepsie que d’un vrai personnage. La bande-son, elle, est aussi oubliable que le plaisir que l’on éprouve en jouant : des bruitages discrets, une musique sans saveur… Rien ne vient sauver l’expérience.

Des décors qui se renouvellent peu

Si l’idée d’un stickman désarticulé qui tente de traverser un parcours d’obstacles peut prêter à sourire, Stickman Odyssey est surtout une épreuve de nerfs. Les contrôles sont approximatifs, le gameplay frustrant, et la réalisation ne justifie en rien de s’infliger une telle souffrance. Pourquoi se faire du mal quand tant d’autres jeux offrent un challenge bien dosé et une jouabilité agréable ? Ici, on ne vit pas une odyssée épique, mais un long chemin de croix qui donne envie d’éteindre la console avant de fracasser la manette.