Après nous avoir fait suffoquer d’angoisse sur une plateforme pétrolière en perdition avec Still Wakes the Deep, The Chinese Room remet la combi de plongée pour un DLC baptisé Siren’s Rest. Pas de grosse artillerie ou de jump scares à gogo ici, mais une virée en eaux troubles, dix ans après le naufrage du Beira D. Autant dire qu’on ne s’attend pas à croiser des dauphins joueurs et des crustacés rigolards. Non, ici, c’est ambiance claustrophobe, plongée lente, et découverte de secrets qu’on aurait peut-être préféré laisser moisir au fond de la mer du Nord.

On incarne Mhairi, cheffe d’une mission de plongée en saturation, et accessoirement future candidate pour un prix Darwin si l’on en croit l’ambiance qui règne là-dessous. Équipée d’une lampe torche, d’un appareil photo, et d’un câble ombilical qui a la désinvolture d’un spaghetti mal cuit (on y reviendra), notre protagoniste va explorer ce qui reste du Beira D pour comprendre ce qui s’est vraiment passé ce fameux jour de décembre 1975. Spoiler : ce n’est pas très festif.

On retrouve ici la patte du jeu de base : narration maîtrisée, sound design oppressant, et environnement magnifiquement poisseux. L’immersion (sans mauvais jeu de mots) est excellente. Le sentiment d’être seul, coupé du monde, et potentiellement pas si seul que ça, fonctionne toujours aussi bien. Le rendu sous-marin est bluffant, avec des jeux de lumière et des effets de profondeur qui donneraient presque envie de réviser ses cours de plongée. Sauf qu’ici, à la place des poissons-clowns, on trouve des carcasses métalliques, des cadavres à immortaliser, et des couloirs trop étroits pour notre santé mentale.

Le gameplay ne réinvente pas la roue, mais fait le boulot. On avance, on observe, on prend des photos de restes humains façon “J’ai retrouvé Mamie dans le congélo”, et on résout quelques petits objectifs à base de découpe ou de manipulation d’objets. Le rythme est lent, très lent, presque contemplatif par moments, mais ça colle bien à l’ambiance “visite d’un tombeau en scaphandre”. Quelques QTE ponctuent l’aventure, histoire de réveiller les pouces et le cardio, surtout vers la fin, un poil plus nerveuse.

Graphiquement, c’est dans la lignée du jeu principal. Très propre, très cohérent, avec juste ce foutu câble qui adore traverser les murs comme s’il jouait à Phasmophobia. Rien de dramatique, mais ça casse un peu l’illusion par moments. Niveau son, c’est encore une réussite : les bruitages métalliques, les craquements inquiétants, le souffle court du personnage et les voix anglaises bien interprétées renforcent l’ambiance anxiogène.

Côté contenu, on part sur environ 2h30 à 3h de jeu, avec deux fins différentes et un tarif de 11,99 euros. Pour un DLC, c’est honnête. C’est une expérience plus posée, moins horrifique au sens classique du terme, mais qui appuie très fort sur le malaise de l’enfermement aquatique. Et ça marche.
En conclusion, Siren’s Rest est un bon DLC pour un très bon jeu. Moins terrifiant que Still Wakes the Deep, il joue la carte de la contemplation et de l’oppression psychologique dans un décor sous-marin fascinant. Une parenthèse poisseuse et réussie, à condition d’aimer avancer lentement avec une lampe torche et une boule au ventre. À défaut d’une sirène, vous y entendrez sûrement battre votre propre cœur.
