Street Racer Collection, c’est le retour d’un classique qui mélange deux genres qu’on n’associe pas souvent. D’un côté, la course arcade bien rapide, de l’autre, les baffes entre pilotes pour se frayer un passage. Le résultat : un joyeux chaos contrôlé, sur des circuits qui vont du Mont Rushmore à la Transylvanie. On fonce, on tape, on rigole, on explose, et parfois on gagne. Le tout avec une bonne dose de nostalgie et une ambiance très années 90. Une compilation qui remet en avant un morceau d’histoire vidéoludique, dans son jus d’origine, pour le meilleur comme pour le croustillant.

Street Racer Collection mélange donc les genres avec une aisance déconcertante. Ici, l’objectif n’est pas seulement de passer la ligne d’arrivée en premier, mais aussi de distribuer quelques coups pour calmer les pilotes trop entreprenants. C’est l’époque où la sécurité routière n’existait pas, où l’on roulait à fond en hurlant, et où le fair-play avait fait ses valises depuis longtemps.
Les circuits sont variés et complètement barrés. On passe d’un décor à l’autre avec l’impression d’avoir tiré une carte aléatoire dans un jeu de société. Mont Rushmore, Transylvanie, plages, châteaux… Tout y passe. Les coups spéciaux de chaque pilote viennent pimenter les courses et transforment régulièrement une ligne droite tranquille en derby de démolition improvisé.

Le jeu propose un mode solo mais aussi un multijoueur local jusqu’à quatre, en fonction des versions bien entendu, car sur Game Boy, on jouait tout seul en plissant les yeux. Et là, c’est simple : si tu veux te fâcher avec tes amis, c’est l’idéal. L’écran partagé fait son effet, et les courses virent vite au combat de rue organisé. Aucune subtilité, mais beaucoup de rires.
La compilation réunit quatre versions du jeu : Game Boy, Megadrive, Super Nintendo et PC. De quoi ressortir ses souvenirs ou simplement comparer les approches de l’époque. Pour ma part, j’avais la version Super Nintendo avec le multitap. À l’époque, c’était l’équivalent d’un permis de conduire pour faire n’importe quoi avec ses potes. Street Racer, c’était un Super Mario Kart moins maniable mais plus funky, avec un mode arène et surtout un mode foot. Ce mode football était injouable, mais bon, en 1994, on rigolait avec un rien.

Les versions se distinguent surtout graphiquement. Sur Megadrive, on est sur un jeu à la Pole Position, ou plus récemment Horizon Chase Turbo : voiture centrée, décor qui défile et virages serrés qui donnent l’impression de tordre l’écran. Sur Game Boy, même principe mais en bien plus sale. Une bouillie de pixels jouable en solo et uniquement si on a une bonne dose de courage. Sur Super Nintendo, merci le Mode 7. On retrouve le style de Super Mario Kart avec un effet de déplacement plus naturel, même si ça reste bien pixelisé. Enfin, sur PC, c’est plus propre, plus net, mais étrangement c’est la version la moins agréable à jouer, avec des voitures qui semblent glisser comme si la route était faite de savon noir.

Un petit mot sur la collection elle-même : c’est propre. Notices numérisées, filtres graphiques, sauvegardes modernes, cheats intégrés pour modifier les stats des voitures ou activer les turbos infinis. Parfait pour finir le jeu sans se prendre la tête ou pour tricher à l’ancienne. Le côté musée interactif est réussi et donne vraiment l’impression de feuilleter un morceau de patrimoine.
Au final, Street Racer Collection est un bon petit coup de nostalgie pour ce titre qui sent bon l’année 1994 lorsqu’il est sorti et a débarqué sur ma Super Nintendo. Aujourd’hui ce sera difficile d’y jouer longtemps, cela a pas très bien vieilli, mais cela donnera la banane aux quarantenaires comme moi le temps d’une soirée Rétrogaming.