Il y a des concepts qui donnent envie, et d’autres qui laissent perplexe. Super Forklift 3000 fait partie de cette seconde catégorie. Imaginez un shoot’em up spatial… avec un chariot élévateur. Oui, vous avez bien lu. Ici, pas de vaisseaux high-tech, mais un bon vieux Fenwick intergalactique qui balance des caisses pour se défendre. L’idée est amusante sur le papier, mais en jeu, c’est une autre histoire.

Dès le premier niveau, on sent que la réalisation n’a pas coûté bien cher. Le pixel art est simpliste, les décors sont fades et les animations minimalistes. L’écran est en format 4:3 avec des bandes latérales façon CRT, sauf qu’on n’est pas sur une borne d’arcade des années 80. Ce choix peut renforcer l’aspect rétro pour certains, mais il donne surtout l’impression d’un jeu qui a oublié d’évoluer avec son époque.

Le gameplay repose sur le concept des caisses que l’on ramasse et balance sur les ennemis. Chaque caisse a un effet différent : certaines explosent, d’autres tirent en éventail, et d’autres… ben, sont juste des caisses. L’idée aurait pu être intéressante, mais le rythme poussif du chariot enlève tout le dynamisme qu’on attend d’un shoot’em up. En clair, on n’a pas l’impression de piloter un bolide spatial surarmé, mais plutôt de faire la fermeture d’un entrepôt Amazon sous une pluie de météorites.

Côté contenu, c’est maigre. Quatre mondes, un mode Boss Rush et puis c’est tout. La progression est aussi plate que la direction artistique, les ennemis manquent de variété, et les décors changent à peine entre les niveaux. Et la bande-son… parlons-en. Entre les bruitages insipides et une musique répétitive qui donne envie de couper le son au bout de cinq minutes, on n’est pas franchement dans l’immersion spatiale épique.
Super Forklift 3000 n’est pas une catastrophe absolue, mais il ne décolle jamais vraiment. C’est le genre de petit jeu qu’on lance par curiosité, qu’on finit vite, et qu’on oublie encore plus vite. Son seul véritable argument, c’est la facilité avec laquelle on débloque les 1000G, ce qui en fera une cible pour les chasseurs de succès. Pour les autres ? Sauf si vous rêvez secrètement de devenir un chariot élévateur de l’espace, vous avez sans doute mieux à faire.
