Supermarket Simulator, c’est l’art raffiné de transformer un petit local vide en temple du consommateur, avec rayons bien alignés, promotions étudiées et clients qui te jugent plus vite qu’un contrôle de tickets de caisse un samedi soir. Le jeu te propose de gérer chaque aspect d’un supermarché: agencement, stocks, prix, nettoyage, sécurité, commandes en ligne, bref… si tu t’es déjà demandé ce que ça faisait d’être gérant, manutentionnaire, caissier et vigile en même temps, tu es servi.

Dès les premières minutes, le jeu te met dans les bottes du patron fauché qui doit tout faire lui-même. Tu commences avec trois paquets de pâtes et deux boîtes de céréales pour attirer les foules, autant dire que c’est plus un magasin bio de centre-ville qu’un vrai supermarché. Mais c’est précisément ce sentiment d’être seul au front qui rend le début super accrocheur. On gère tout: les prix, les rayons, l’encaissement… et on se surprend vite à faire l’inventaire comme si sa vie en dépendait.

Le système de journées fonctionne très bien: on prépare son magasin tranquillement avant d’ouvrir, puis une fois la pancarte passée sur « Ouvert », on accueille les clients en espérant qu’ils ne râlent pas trop. Les premières journées sont calmes, puis viennent les « rush » dignes d’un samedi avant Noël. C’est là que le jeu devient franchement sympa: ce petit stress, cette micro-organisation permanente, ce client qui cherche de la farine alors qu’il n’en reste qu’un pauvre paquet en réserve… Ça met dans l’ambiance.

Avec les profits journaliers, on investit: plus de place, plus d’étagères, plus de personnel, plus de produits. La montée en puissance fonctionne bien, surtout grâce à un détail rigolo: les produits ressemblent énormément à ceux qu’on trouve en France. Les confitures Bon Papa, les céréales qui évoquent tellement des marques connues… On est à la limite de la parodie d’hypermarché, et ça marche.
Le jeu a un vrai potentiel chronophage: on fait une journée, puis une autre, puis encore une, en se disant « Allez, juste un petit tour de plus ». Sauf qu’à force de faire toujours la même chose, la magie peut se dissiper. La redondance est là, mais un peu comme dans ce travail j’imagine.

Techniquement, on est dans du simple, du efficace, mais pas du spectaculaire. Graphiquement, c’est propre mais pas joli, mais suffisant pour une simulation en vue à la première personne. Le gameplay reste agréable, même si la manette fait tout de suite plus pataude que le clavier-souris. Ça reste jouable, mais on sent bien que le jeu a été pensé PC avant tout.
La durée de vie est gigantesque: plus de 20 heures juste pour gérer sans trop s’attarder, et plus de 50 si tu veux tout optimiser. Par contre, il faut aimer répéter les mêmes gestes encore et encore. Si la routine te donne des boutons, tu risques d’abandonner avant même d’avoir ouvert la section frais.

En conclusion, avec Supermarket Simulator, c’est quitte ou double. Soit on kiffe le délire et on passe des nuits entières à réorganiser des boîtes de conserve, soit on déteste et on part en courant dès le troisième carton à déballer. La durée de vie est colossale mais la redondance peut être fatale. C’est un simulator très solide, rigolo au début, mais sur la longueur il faut vraiment être adepte du genre. Et techniquement, ne vous attendez pas à un truc de malade. Mais globalement, comme dirait Shinzay : « ça va! »