Test de The Alters – Et si j’avais fait ce choix…

Bienvenue dans The Alters, un jeu de survie narratif qui prend le concept de « faire face à ses choix » très au sérieux, au point d’en faire des collègues de boulot pour sauver son cul dans l’espace. Vous incarnez Jan Dolski, unique rescapé d’une expédition spatiale qui a fait un atterrissage un peu trop libre sur une planète aussi hostile qu’irradiée. Pour espérer s’en sortir, notre Jan n’a qu’une solution : utiliser une substance appelée Rapidium pour créer… des clones de lui-même : les Alters. Attention, ce ne sont pas n’importe quels clones. Des versions alternatives de lui, façonnées par des décisions qu’il aurait pu prendre dans une autre vie.

Des environnements qui donnent envie d’explorer

Alors non, ce n’est pas juste un trip schizophrène en combinaison spatiale. Chaque « Alter » a sa propre personnalité, ses compétences, ses regrets et son petit caractère. Et il va falloir composer avec tout ce petit monde pour maintenir en vie une base mobile, éviter de se faire rôtir par les radiations, explorer des biomes dangereux, gérer des modules, des besoins, des tensions… et peut-être, au passage, percer quelques secrets sur soi-même. Dans The Alters, on ne fuit pas ses erreurs : on les construit à la chaîne pour en faire une équipe. Bon courage.

Notre base mobile

On débute donc le jeu dans la peau de Jan (la version Alpha), ouvrant les yeux pour découvrir qu’il est le seul survivant d’une mission minière spatiale qui a tourné au désastre. Pendant le prologue, on va commencer le jeu en mode TPS, sur le sol d’une planète et on va chercher notre base. Ensuite, on va découvrir la base, et tout ce qu’on va devoir gérer pour survivre. Puis rapidement, on va devoir créer des Alters pour organiser tout ça : gérer l’atelier, la cuisine, extraire des métaux à l’extérieur ou encore explorer pour trouver d’autres ressources. Et il faudra faire vite, car le soleil mortel n’attend pas pour vous chasser.

Petit moment de détente entre Alters

Les Alters ne sont pas des simples doublures de Jan ; ils ont leur propre passé et leurs propres aspirations. Ils réagissent aux décisions de Jan, influençant l’histoire à travers une multitude de choix narratifs. Gérer ces Alters n’est pas de tout repos : chacun a ses besoins et ses humeurs, et s’ils sont mécontents, ça peut aller jusqu’à la grève de travail ou même des accidents. Il y a beaucoup de dialogues avec choix dans le jeu, et il faudra bien les gérer si on ne veut pas se mettre tout l’équipage à dos. Et puis, un Alter fâché, ne voudra pas bosser, car il se dira « je suis un clone, tu peux crever, je m’en fous! ».

Et si ?

Techniquement, The Alters tient la route. Lors de nos sessions d’exploration sur la planète, on découvre des décors qui donnent envie… d’explorer. C’est bien fait, la direction artistique est bonne et globalement, mise à part de légères chutes de framerate en mode qualité, c’est solide. Dans la base, on va devoir se balader en utilisant des ascenseurs. C’est fluide et surtout on peut organiser sa base comme on veut : déplacer les pièces, mettres des couloirs, des ascenseurs etc. On pourra aussi upgrader la base au fil de l’aventure.

On a des outils très utiles

La bande son est de qualité : déjà par des doublages en anglais de très bonne facture. Le jeu est bavard donc heureusement que le doublage est bon. Le jeu est intégralement traduit en français, heureusement. Les musiques sont discrètes mais portent bien l’action. Enfin les bruitages sont bons, on s’y croirait. La maniabilité est bonne également. Que ce soit en mode exploration, où on retrouve des mouvements classiques du TPS, avec en plus un personnage qui bouge plutôt vite et bien, que dans la base à gérer nos petites affaires. Les menus sont bien faits, j’avais un peu peur au pad mais en fait, on y prend goût rapidement. Niveau durée de vie, il faut compter une trentaine d’heures pour finir le jeu. Sachez qu’il y a la possibilité de choisie le niveau de difficulté du jeu selon plusieurs paramètres.

Des moments de blablas très importants

The Alters s’impose comme une sacrée bonne surprise, un jeu aussi cérébral que viscéral, qui réussit à entremêler habilement la survie, la narration, l’exploration et la gestion de base sans jamais trop tirer sur la corde d’un seul genre. C’est malin, c’est profond, et c’est suffisamment bien écrit pour vous donner envie de philosopher sur vos propres « et si… ? » à 2h du matin, un sandwich à la main et l’angoisse existentielle en fond sonore. Si je devais faire ressortir un défaut, c’est la boucle de gameplay peut-être qui se renouvelle peu, malgré l’ajout de nouveaux outils par exemple. Si on n’est pas patient, car le jeu demande de la patience, on va peut-être trouver certains moments redondants.

Si vous aimez la science-fiction bien sentie, les dilemmes moraux façon série noire quantique, et que l’idée de gérer toute une colonie composée de versions alternatives de vous-même ne vous file pas immédiatement une crise d’angoisse, alors The Alters a tout pour vous embarquer dans son drôle de voyage. Et comme il est dispo Day One dans le Xbox Game Pass, franchement… aucune excuse pour ne pas tenter l’expérience. Au pire, vous regretterez. Mais rassurez-vous : une autre version de vous, quelque part dans le multivers, aura probablement fait le bon choix.