Vous êtes un ado paumé en 1998, et vous venez de tomber dans les Backrooms, un labyrinthe infini de couloirs jaunâtres et de moquette douteuse. Mauvaise nouvelle : vous n’êtes pas seul. Pire nouvelle : les choses qui traînent ici entendent tout. Entre exploration, survie et angoisse permanente, votre but est simple : ne pas crever. Enfin, au moins pendant l’heure que dure le jeu.

Dès les premières minutes, The Backrooms 1998 annonce la couleur : ambiance crade, filtre VHS façon Projet Blair Witch et un malaise omniprésent. Techniquement, ce n’est pas glorieux : les textures sont pauvres, les décors se répètent et l’ensemble fait un peu cache-misère. Mais étrangement, ça marche. Ce côté brouillon et dégueulasse colle parfaitement à l’ambiance et renforce l’angoisse.

Perdu dans ces couloirs infinis, votre seule arme est une bombe de peinture pour taguer les murs et éviter de tourner en rond comme un hamster paniqué. Malheureusement, c’est à peu près la seule chose que vous pourrez faire, à part courir, vous cacher et prier pour ne pas vous faire attraper. Les ennemis ne vous voient pas, mais entendent absolument tout. Ah, et votre personnage respire comme Jingoro pendant un match tendu sur FC 25, c’est à dire comme un bœuf asthmatique, dès qu’il court trop, ce qui risque de vous trahir au pire moment. Bonne chance.

The Backrooms 1998 est à la frontière du walking simulator et du jeu de survie. L’interactivité est réduite au strict minimum : marcher, ramper, taguer, et… mourir si vous faites trop de bruit. Pas d’armes, pas d’indications, pas d’aides : c’est à vous de comprendre les mécaniques. Si vous aimez l’exploration dans l’inconnu, ça passe. Si vous êtes du genre à aimer un peu de guidance, vous allez vite avoir envie de taguer « rage quit » sur les murs.

S’il y a bien un point sur lequel The Backrooms 1998 excelle, c’est le son. Entre les bruits de pas inquiétants, les pleurs de bébé et les chuchotements flippants, le jeu joue avec vos nerfs. Pas besoin d’un jumpscare toutes les deux minutes : ici, c’est l’ambiance elle-même qui vous grignote le cerveau. L’immersion est totale, surtout si vous jouez avec un casque… et les lumières éteintes (bonne idée ou pas, à vous de voir).
Malheureusement, l’expérience est vite expédiée. Une fois qu’on a capté la boucle du gameplay (éviter le bruit, repérer les issues, survivre), le jeu se termine en une petite heure. Ça laisse un goût de « déjà fini ? » et un léger regret sur le manque de variété. D’autant plus que l’absence totale de traduction n’aide pas ceux qui ne comprennent pas l’anglais. Pas insurmontable, mais un petit plus aurait été appréciable.

The Backrooms 1998, c’est un peu un cauchemar express : bizarre, glauque, efficace sur le moment, mais trop limité pour vraiment marquer les esprits. Avec sa direction artistique crasseuse, son ambiance sonore angoissante et son gameplay de survie minimaliste, il réussit à nous stresser… mais seulement pour une heure ou deux. Après ça, le soufflé retombe, faute de contenu et de renouvellement. Bref, un jeu d’horreur qui fait bien le boulot, mais qui aurait mérité un peu plus de profondeur pour ne pas finir dans l’oubli… comme nous dans les Backrooms.
