Dans The Black Within, vous incarnez Laila Rose, une artiste ambitieuse qui vend son âme pour décrocher la gloire, et qui se retrouve prise dans un cauchemar psychologique où la frontière entre la réalité et la folie devient aussi floue que les textures du jeu. Présenté comme une plongée horrifique au cœur des conséquences de la cupidité, ce titre à la première personne promettait une atmosphère immersive, des énigmes tordues et quelques suées nocturnes. Mais au final, c’est surtout une crise existentielle pour votre carte graphique et votre patience.

Graphiquement, The Black Within semble avoir été plongé dans une marmite de pixel boueux. Les textures sont dignes d’un jeu de 2005 qui aurait pris l’eau, les effets de lumière sont si faiblards qu’on se demande s’ils n’ont pas été codés avec une bougie parfumée IKEA, et l’ambiance « immersive » annoncée par la fiche du store est vite brisée par un jeu d’acteur aussi expressif qu’une planche de bois. Oui, l’atmosphère est pesante… mais surtout parce qu’on lutte pour ne pas s’endormir.

Côté gameplay, on est dans du pur walking simulator, version “pieds dans la boue”. On marche, on clique, on regarde vaguement une nonne mal modélisée surgir pour nous faire un “boo” fatigué, et on continue. Les jumpscares sont téléphonés comme un vieux film d’horreur sur la TNT, et les rares énigmes sont plus frustrantes qu’intelligentes. Entre une lisibilité quasi-nulle due à une obscurité permanente et un level design pas aidé, on reste souvent bloqué… non pas parce que c’est difficile, mais parce que tout est confus.

Les musiques, elles, s’en sortent honnêtement : quelques nappes oppressantes viennent parfois rehausser l’ambiance, et les bruitages, bien que moyens, remplissent leur rôle sans trop faire de vagues. Mais ça ne suffit pas à sauver l’ensemble, surtout quand l’histoire peine à nous impliquer à cause d’une narration molle et prévisible.
La seule véritable “bonne nouvelle”, c’est le prix. À 7,99€, vous ne perdez pas un bras. Mais avec à peine 1 à 2 heures de jeu au compteur, c’est un peu comme acheter une entrée dans une maison hantée où les monstres sont en grève. On en ressort plus confus que terrifié, et avec un vague sentiment d’avoir vu passer un concept intéressant, mais complètement raté.

En bref, The Black Within aurait pu être un bon petit jeu d’horreur psychologique. Mais entre son esthétique mal fichue, son gameplay paresseux et ses jumpscares mollassons, il se prend les pieds dans ses propres ténèbres. Un cauchemar… mais pas dans le bon sens.
