Test de The Bus – Une simulation ultra réaliste… sauf quand ça tape

Quoi de mieux qu’un rédacteur, chauffeur de bus dans la vraie vie pour tester une simulation du genre ? Autant dire que lorsque Riggs m’a envoyé The Bus avec un petit « c’est obligé », je n’ai pas eu le luxe d’hésiter. Visiblement, conduire toute la journée ne suffisait pas : il fallait aussi que j’y pense une fois la manette en main.

The Bus nous propose donc une simulation de conduite qui prend place à Berlin, loin d’être une “petite ville” et surtout parfaitement adaptée à ce type d’expérience grâce à son réseau dense et ses longues artères urbaines.

Bonjour madame

Dès le menu principal, le titre surprend. Pas de mode carrière clairement identifié : on navigue entre un mode libre, des sauvegardes, un plan d’exploitation, un parc de véhicules et un mystérieux menu “économie”. De quoi laisser perplexe au premier abord, au point de se demander si l’on est bien face à une version finale. Après quelques minutes, on comprend que ce fameux mode économie fait office de carrière — un choix d’interface discutable, ou peut-être une traduction maladroite.

Le mode libre joue pleinement la carte du bac à sable : on choisit son bus, sa ligne, et on prend la route sans contrainte. Idéal pour celles et ceux qui veulent simplement conduire sans se soucier de gestion.

Le cœur de l’expérience se trouve toutefois dans le mode économie. Ici, vous incarnez un jeune entrepreneur fraîchement lancé dans le transport urbain. Seul au départ, vous devez contracter un prêt pour acheter votre premier bus, louer un dépôt et décrocher vos premiers contrats auprès de la régie berlinoise. Progressivement, les lignes s’enchaînent, les revenus augmentent, et l’entreprise grandit : recrutement de chauffeurs, embauche de mécaniciens, gestion d’une flotte… Une montée en puissance logique et plutôt satisfaisante. Et pour les puristes : oui, un bus bien entretenu peut dépasser le million de kilomètres — expérience personnelle à l’appui.

Des marques bien connues comme Scania ou MAN

Mais The Bus reste avant tout une simulation de conduite, et c’est sur ce point que le titre était particulièrement attendu. Bonne surprise : la physique est au rendez-vous. On ressent réellement le gabarit des véhicules, entre 12 et 18 mètres, avec une gestion crédible des porte-à-faux et une nécessité constante de surveiller ses rétroviseurs. La conduite demande de l’anticipation, de la précision et une vraie attention — exactement ce qu’on attend d’une simulation sérieuse. Et pour une fois, le plaisir est bien présent, même à la manette.

Bien vide

L’immersion passe aussi par l’interactivité. Tous les éléments du bus sont manipulables : du frein de parking aux clignotants, en passant par la gestion complète des portes ou encore le SAEIV (Système d’Aide à l’Exploitation et à l’Information Voyageurs). Ce dernier permet de gérer les services, les tickets, les arrêts et surtout les horaires, qu’il faudra respecter avec rigueur. Un niveau de détail appréciable qui renforce la crédibilité de l’ensemble.

Visuellement, le jeu s’en sort bien. Sans être révolutionnaire, il propose des effets de lumière convaincants, notamment sous la pluie, ainsi que des intérieurs fidèles aux modèles réels. Mais la véritable réussite se situe du côté de l’audio. Entre le bruit du moteur, les systèmes pneumatiques, les ouvertures de portes et les annonces en station, tout sonne juste. Les deux stations radio intégrées, Flashbass.fm et Double Bass FM, accompagnent agréablement les trajets.

Tout n’est cependant pas parfait. Techniquement, des ralentissements viennent parfois perturber l’expérience, en particulier en pleine conduite. Plus gênant encore : l’absence totale de gestion des dégâts. Pour tester les limites du jeu, j’ai même tenté une marche arrière à pleine vitesse dans un poteau disons… en hommage à un collègue, mais là encore, aucun impact : pas de casse, pas de conséquence, rien. Même constat lors de collisions plus violentes. Un manque qui casse clairement l’immersion.

Même dans le monde virtuel, je reste polie !

Malgré ces défauts, The Bus s’impose comme une alternative crédible à Bus Simulator 21, aujourd’hui un peu vieillissant. Avec une conduite réaliste, une immersion sonore réussie et une gestion intéressante, le titre réussit l’essentiel, même s’il lui reste encore quelques ajustements à peaufiner.

Et pour répondre à Korganor : non, je n’ai pas loupé le bus… je le conduis juste désormais du côté de Berlin.