The Coma 3: Bloodlines, c’est un peu comme si Silent Hill avait décidé de faire un échange Erasmus en Corée du Sud, avec un budget indie et une obsession pour les marionnettes flippantes. On débarque dans une version cauchemardesque de Séoul où courir est une mauvaise idée, se cacher devient un art, et où chaque coin d’ombre semble prêt à vous avaler comme un mauvais souvenir de contrôle surprise. Entre mystères occultes, lycée maudit et dimension parallèle franchement pas accueillante, le jeu vous attrape par le col et vous chuchote “bonne chance” en vous poussant dans le vide. Sympa.

Au niveau des graphismes, le jeu reste fidèle à la patte des précédents épisodes avec une 2D dessinée assez propre, légèrement améliorée mais toujours coincée entre joli et générique. Les environnements ont le mérite de proposer une ambiance sombre réussie, avec ce petit côté BD coréenne qui fait le taf. Cela dit, on reste loin d’une claque visuelle : c’est plus un correct devoir maison qu’un projet d’élève premier de la classe. Certains designs de créatures fonctionnent bien, notamment les marionnettes qui ont ce regard vide qui te donne envie d’éteindre la console… ou de changer de vie.

En ce qui concerne le gameplay, on retrouve exactement ce que la série traîne comme un boulet depuis le début : fuir, se cacher, attendre, recommencer. Impossible de se battre, donc on passe son temps à jouer à cache-cache avec des trucs qui ne devraient clairement pas exister. L’endurance qui fond plus vite qu’une glace au soleil ajoute une dose de stress, mais aussi pas mal de frustration, surtout quand on se fait attraper pour la dixième fois dans le même couloir. Le jeu propose trois personnages mais ça ne casse pas trois pattes à un démon. On reste dans une formule très conservatrice, presque figée dans le temps, comme si la série refusait d’évoluer par principe.

Pour la bande-son, on est sur un travail efficace mais pas mémorable. Les musiques font le job pour installer une tension constante, avec des nappes sonores bien angoissantes et quelques effets bien placés. Cela dit, on ne va pas fredonner un thème en quittant le jeu, sauf peut-être celui de votre propre panique intérieure. Les bruitages, eux, sont plutôt réussis et participent à cette pression permanente, un peu comme dans un épisode de Stranger Things… mais sans le budget, ni Eleven pour vous sauver la mise.

Concernant la durée de vie, le jeu se termine en 5 ou 6 heures de jeu. L’histoire tente de conclure la trilogie, mais reste assez basique, avec des dialogues parfois un peu trop présents pour ce qu’ils racontent réellement. On avance, on survit, on découvre des secrets, mais sans véritable moment marquant qui reste gravé.

Au final, The Coma 3: Bloodlines est dans la droite lignée de ses prédécesseurs : pas catastrophique, mais clairement pas indispensable. Le jeu a une ambiance réussie et quelques idées intéressantes, mais il donne surtout l’impression de tourner en rond dans son propre cauchemar. Une expérience correcte pour les fans, mais pour les autres, c’est un peu comme une nuit dans ce lycée maudit : on n’est pas mécontent d’en sortir.
