Un baiser magique ? Non, ici, c’est plutôt un changement de forme à volonté, sans consentement princier. The Cursed Frog nous balance dans la forêt de Witchwood, pas pour cueillir des champignons, mais pour traverser 30 niveaux où l’on alterne entre une princesse à baguette magique et un batracien bondissant, façon puzzle-platformer enchanté. Sur le papier, c’est mignon. Dans les faits ? C’est… mignon aussi, mais sans grande surprise.

La mécanique principale repose sur un duo jour/nuit façon Cendrillon sous acide : le jour, on incarne une princesse qui peut tirer des projectiles et dasher élégamment comme dans un vieux Metroidvania ; la nuit, elle redevient un crapaud qui saute deux fois plus haut (et sans talons). On switch entre les deux formes à volonté, et c’est là que le gameplay prend un brin de relief : certaines plateformes n’apparaissent que dans l’un des deux mondes, rendant chaque saut potentiellement fatal si vous avez le malheur d’oublier sur quel fuseau horaire vous êtes.

Et c’est tout ? Pas tout à fait. Le level design joue avec cette dualité, en forçant des enchaînements millimétrés entre dashs de princesse et double-sauts de batracien. Il faut souvent réfléchir un poil avant de foncer, surtout que certains passages exigent une bonne coordination entre réflexe et logique. Les premiers niveaux font office de mise en bouche grenouillesque, mais les derniers demandent un vrai sens du timing et de la synchronisation. Sans être diaboliques, ils éveillent l’instinct de complétionniste.

Côté sensations, le gameplay répond bien – pas de latence ou d’inertie agaçante, ce qui est plutôt crucial quand on saute dans le vide avec des plateformes capricieuses. Le crapaud donne un bon feeling aérien, et la princesse fait ce qu’on attend d’elle, baguette au poing. En revanche, la variété des niveaux reste… très modeste. Sur 30 stages, la boucle de gameplay tourne rapidement en rond. Ce n’est pas qu’on s’ennuie, c’est qu’on anticipe presque trop vite ce qui va suivre.

Techniquement, The Cursed Frog ressemble à un jeu flash de la fin des années 2000, avec des décors forestiers ternes et des sprites qui manquent cruellement de charme. L’enrobage visuel ne fait pas rêver, et la musique évoque davantage une file d’attente à la sécu qu’un conte féerique. Bref, pas de quoi allumer les projecteurs.
En conclusion, The Cursed Frog est un petit jeu correct qui n’invente ni la roue, ni le fil à couper le beurre, mais qui vous occupera rapido avant d’aller dodo. Pas de ribambelle d’étoiles dans les yeux, mais un croâ croâ d’approbation modérée.
