Fermez les yeux et imaginez-vous dans un manoir où chaque porte pourrait cacher un démon farceur, chaque meuble pourrait être maudit… et chaque erreur d’inattention pourrait vous transformer en amuse-bouche pour Satan. Bienvenue dans The Devil is in the Details, un jeu d’horreur psychologique à la première personne qui joue moins sur les jumpscares que sur votre capacité à repérer ce qui cloche dans un décor changeant. Ici, pas de fusil à pompe pour dégommer des monstres, mais des yeux grands ouverts, une mémoire affûtée et quelques talismans mystiques pour tenir le diable à distance. Bonne chance, Sherlock des enfers.

Chaque run dans le manoir infernal est une nouvelle partie de cache-cache démoniaque : les pièges changent, les farces varient, et les objets maudits n’attendent qu’une seconde d’inattention pour vous envoyer six pieds sous terre. Ce côté procédural fonctionne plutôt bien : on ne marche jamais exactement dans les mêmes couloirs, et ça entretient une tension constante. La gestion du temps est cruciale — littéralement votre jauge de vie — et les ennemis peuvent grignoter vos précieuses secondes s’ils vous attrapent. Cela crée une pression agréable, un peu comme un escape game où l’arbitre serait… le Diable en personne.

Le cœur du gameplay repose sur l’observation. On arpente les différentes pièces du manoir en scrutant les détails : un tableau qui a bougé, un chandelier qui n’était pas là, une porte qui n’était pas entrouverte… Le jeu devient alors une version démoniaque du « jeu des 7 différences », sauf que si vous vous trompez, vous n’avez pas droit à un « retente ta chance », mais à une mort bien sentie. Une fois les anomalies repérées, on y colle des talismans mystiques pour nettoyer la zone et faire reculer les forces obscures.

Heureusement, on n’est pas totalement démuni face aux horreurs : il est possible d’utiliser des protections magiques pour repousser ou piéger les démons. Ils n’hésitent pas à jouer avec vos nerfs, alternant attaques physiques et petits tours tordus pour brouiller votre perception. Ce mélange de tension et de déduction donne parfois des moments très prenants, surtout quand le chrono s’effrite et que chaque recoin du manoir devient suspect.
Côté ambiance, le jeu s’en sort honnêtement. Les environnements sont travaillés, la direction artistique a quelque chose d’inquiétant, mais ça manque un peu de folie visuelle. Rien ne choque, rien ne marque durablement la rétine, et même les scènes de mort manquent de punch. Quand le diable nous prend pour son sandwich thon/mayonnaise, on ne frémit pas. La bande-son, elle, joue son rôle sans éclat particulier : les bruitages mettent bien la pression, la VO est efficace, mais la musique reste souvent trop discrète.

Techniquement, ce n’est pas un désastre, loin de là, mais ça ne fait pas non plus honneur à la thématique infernale. Les environnements sont parfois trop figés, et on aurait aimé des effets plus marquants pour renforcer le malaise. Par contre, il y a travail évident sur les lieux, et certains passages sont totalement WTF. Même constat pour le gameplay : efficace mais limité. On observe, on repère, on pose des talismans. Et on recommence. Encore. Et encore. Cette boucle devient vite répétitive, surtout si on joue plusieurs sessions à la suite.

The Devil is in the Details offre un mélange d’horreur psychologique et de résolution d’énigmes qui peut faire mouche si on adhère au concept de chercher des erreurs pour éviter de finir en kebab de l’au-delà.
