Tout a commencé dans une salle de réunion improbable où un stagiaire proclamait: « J’ai trouvé l’idée du siècle: un métro, un dormeur et un monstre qui ressemble à Monsieur Patate mais en plus agressif. » Le directeur a levé la tête de son sandwich au thon, a haussé les épaules et a répondu: « Banco ». Et c’est ainsi que The Last Train Baquedano est né, un jeu où la simple envie de somnoler dans un wagon se transforme en séance de cardio improvisée. Imagine un métro abandonné, plongé dans une obscurité si dense que même un rat hésiterait à y entrer: bienvenue à la dernière station, le Disneyland du stress gratuit.

Concernant l’ambiance générale, le jeu propose un concept simple: vous vous endormez dans le métro, vous vous réveillez seul dans une station abandonnée, et tout à coup un truc mal foutu mais terrifiant décide de vous suivre. Et quand je dis mal foutu, je parle d’un antagoniste pixelisé qui ressemble à un mélange entre Monsieur Patate et un tueur de films fauchés. Pourtant, malgré cette allure bricolée, ce petit con a une aura glaciale. Je l’imagine très bien dire: « Je veux juste parler, promis » tout en secouant sa batte de baseball. Bref, on rit… jusqu’à ce qu’on hurle.

Pour le gameplay, on est sur du walking simulator version minimaliste: on marche, on clique sur des objets, et on prie pour que la créature ne décide pas de sprinter comme si elle participait aux JO. D’ailleurs, petit détail charmant: dès que vous lui tournez le dos, il se met à foncer sur vous au son d’une petite mélodie de camion de glace. Oui : une musique de glacier. Rien ne dit danger mortel comme une comptine joyeuse digne d’un quartier pavillonnaire un dimanche après-midi. Je veux dire, même Pennywise aurait trouvé ça exagéré.

Pour la direction artistique, on atteint un niveau de laideur presque artistique: textures pixelisées taillées à la serpe, animations aussi naturelles qu’un robot apprenant à faire du hula-hoop, PNJ dégueulasses qui semblent sortir d’un logiciel de modélisation version 1998. On sent une vibe Silent Hill du pauvre: ambiance glauque mais pas forcément voulue. Le genre de jeu où tu te demandes si ton PC a mal chargé les textures ou si tout est vraiment prévu comme ça, et la réponse ne fait jamais vraiment plaisir.

Pour l’exploration, il faut fouiller les moindres recoins pour dénicher des objets utiles afin de s’échapper. La station ressemble à un labyrinthe improvisé par quelqu’un qui adore les puzzles mais déteste l’humanité. Et comme il y a quatre fins différentes à obtenir, on se retrouve à recommencer plusieurs fois, un peu comme dans un épisode de Black Mirror où on subirait en boucle la même mésaventure ferroviaire. Chaque run est une tentative désespérée d’esquiver Monsieur Patate énervé, dans une course-poursuite où la panique finit par devenir une routine.

Pour la bande-son, c’est le silence. Le néant. Le vide. Ambiance bibliothèque municipale à 21h, avec seulement cette fameuse musique du prédateur façon camion de glace qui vient briser vos tympans au pire moment. À part ça, rien. Nada. On se surprend à écouter ses propres pas, à suspecter le moindre bruit, et à se demander si le développeur a oublié d’appuyer sur le bouton ‘importer audio’. Peut-être que le son a été mangé par la créature. Peut-être que c’est un choix artistique. On ne saura jamais.

Au niveau du prix, 7,99 euros: ce n’est pas beaucoup, mais c’est encore trop. Tu pourrais t’acheter un kebab, une place de parking pour 1 heure ou une moitié d’abonnement à un service de streaming douteux. Et honnêtement, tout serait plus satisfaisant que ce voyage ferroviaire traumatisant. Le monstre a beau être flippant, c’est sans doute le budget du jeu qui a eu le plus peur pendant le développement.
Pour conclure, c’est un jeu moche, répétitif et frustrant, avec un antagoniste qui fait peur presque par accident. Une expérience ferroviaire qui donne envie de prendre l’avion. Si vous cherchiez un frisson authentique, prenez juste le RER B un soir d’hiver: c’est plus immersif et surtout plus varié. Next.