Test de The Sinking Forest – Silent Bide

Se perdre dans une forêt japonaise brumeuse à la recherche de sa sœur, ça part déjà mal niveau orientation, mais alors quand tout décide de virer au cauchemar façon Silent Hill sous régime low-cost, là ça devient carrément suspect. The Sinking Forest nous propose donc une balade inquiétante entre temples abandonnés, végétation envahissante et folklore japonais bien flippant sur le papier. En pratique, c’est un peu comme aller à une fête d’Halloween où seuls deux invités ont joué le jeu: l’ambiance tente quelque chose, mais le reste n’a clairement pas suivi.

Au niveau des graphismes, on nous vend de l’Unreal Engine 5, mais on dirait plutôt une version qui a oublié de prendre son petit-déjeuner. Les environnements sont ternes, parfois vides, avec des textures qui donnent l’impression d’avoir été téléchargées en 2007 sur un forum obscur. Ajoutez à ça des effets de pluie et de lumière franchement cheap, et le résultat pique les yeux sans jamais vraiment faire peur. On est loin d’un village japonais crédible: ici, même un épisode filler de Naruto semblait plus vivant.

Concernant le gameplay, on est face à un walking simulator qui essaie vaguement d’ajouter du piment avec quelques énigmes et une gestion limitée des ressources. L’idée de pouvoir sauter est appréciable, surtout pour éviter certains obstacles, mais l’illusion de liberté s’effondre rapidement à cause de murs invisibles placés comme des flics dans GTA: pile là où on voulait s’amuser. Résultat, ça casse complètement l’immersion et donne une impression de jeu mal fini, presque bricolé à la hâte.

Pour la bande-son, il y a pourtant une vraie tentative d’installer une ambiance. Les tambours taiko et les cordes inquiétantes font le boulot et rappellent les classiques du survival horror japonais. Par moments, on sent même une tension intéressante, ce petit frisson dans le dos qui pourrait marcher si le reste suivait. Malheureusement, c’est un peu comme regarder un film d’horreur avec de bons bruitages… mais tourné avec une webcam cassée.

Concernant la durée de vie, préparez un café plutôt qu’un marathon: 1h30 à 2 heures suffisent pour voir le bout de l’aventure. Autant dire que même un speedrun de Resident Evil 2 dure plus longtemps, et au moins lui donne envie d’y revenir. Ici, une fois terminé, difficile de trouver une raison de relancer le jeu, sauf peut-être pour vérifier si c’était vraiment aussi vide qu’on en a le souvenir.

Au final, The Sinking Forest donne l’impression d’une bonne idée noyée dans une exécution paresseuse. Entre ses graphismes datés, son gameplay limité et sa courte durée de vie, l’expérience laisse surtout un goût amer. Pour conclure, c’est un voyage en forêt qu’on oublie aussi vite qu’un mauvais film d’horreur du dimanche soir: on y est allé, on regrette un peu, et on n’y remettra jamais les pieds.