Test de The Stairwell – La tour de l’anomalie

C’est votre premier jour dans un immeuble où même Jason aurait demandé un congé maladie. L’idée est simple: grimper une gigantesque cage d’escalier et repérer des anomalies avant qu’elles ne vous repèrent, un concept déjà rassurant. On enchaîne les portes Normal ou Anomalie, un peu comme un UNO mental où chaque mauvais choix vous renvoie au début. L’architecte inconnu du bâtiment devait clairement avoir un humour douteux, ou un dossier lourd chez les assurances. Bref: ambiance inquiétante, bougie vacillante en mode cauchemar, et, bien sûr, un clown débile qui jaillit d’une porte juste pour rappeler que votre tension artérielle n’a aucune valeur marchande.

Allez on y va

Au niveau des graphismes, on reste dans quelque chose de propre mais sans la moindre volonté de décrocher des prix. C’est réaliste, fonctionnel, mais pas de quoi faire vibrer un fan de Cyberpunk. On navigue dans des escaliers qui se ressemblent tous, ce qui est totalement logique pour un immeuble mais un peu frustrant pour un joueur qui espérait au moins une plante verte dépressive au détour d’un palier. Les anomalies, elles, ajoutent un peu de sel: objets décalés, silhouettes, lumières étranges… rien de révolutionnaire, mais assez pour que paranoïa et suspicion deviennent votre cardio du jour.

Début des hostilités

Concernant le gameplay, difficile de faire plus minimaliste: avancer, observer, reculer, recommencer. C’est comme jouer à pile ou face mais avec l’escalier de la Tour de Sauron. On choisit entre deux portes: Normal ou Anomalie, et si on s’est trompé… ascenseur émotionnel vers les niveaux inférieurs. En mode cauchemar, c’est encore plus rigolo: vous n’y voyez presque rien, une erreur vous renvoie au premier étage, et votre bougie fait littéralement un stage d’observation sans fournir de lumière utile. Ajoutons les jumpscares optionnels, notamment un clown surgissant comme si Pennywise avait trouvé un petit boulot étudiant. Ce n’est pas effrayant, juste… gratuit.

Pour la bande-son, c’est une autre histoire: une musique d’ascenseur qui tourne en boucle comme si elle venait d’être composée par un robot en burn-out. Quelques notes, encore et encore, jusqu’à ce que votre cerveau tente une fuite par les oreilles. Le plus drôle, c’est que parfois la musique disparaît, probablement un bug, et là: miracle. L’ambiance devient dix fois meilleure. Moins de tintillements cheap, plus de tension, un peu comme passer de Mr Bean à Alien en une fraction de seconde.

Attention au clown

Concernant la durée de vie, on fait face à un jeu qui se savoure comme un petit café: court, efficace, mais pas inoubliable. Les trois niveaux de difficulté changent l’expérience, surtout le mode cauchemar qui vous transformera en archiviste des anomalies ratées. Plus de 50 anomalies sont présentes, mais comme elles apparaissent en priorité lorsque vous ne les avez pas encore vues, on a le sentiment d’une progression limpide, presque didactique. Pourtant, une fois terminé, l’envie de relancer le jeu disparaît aussi vite qu’un spectre dès qu’on allume la lumière.

Nemo ?

Pour conclure, The Stairwell est une petite balade horrifique raisonnablement efficace, parfois drôle malgré lui, et suffisamment étrange pour occuper une soirée. Cela se joue sans déplaisir, mais ça s’évapore de la mémoire plus vite qu’un meme TikTok rincé. Un jeu correct, honnête, qui ne marque pas l’histoire mais qui amuse, tant qu’on ne cherche pas une expérience profonde ou un level design inspiré.