Test de To Bee Jazz – Le miel et les emmerdes

Imaginez une ruche où au lieu de bosser pour faire du miel, les abeilles ont décidé de monter un groupe de jazz. Voilà, vous êtes dans To Bee Jazz, un puzzle qui balance des petites bestioles musiciennes sur une scène déjà trop petite, avec l’ambition folle de créer un orchestre digne d’un club enfumé version Pixar sous caféine. Sur le papier, c’est mignon, coloré et prometteur, un peu comme si Bee Movie avait décidé de faire une carrière dans le game design après une nuit blanche. Sauf que très vite, la douce mélodie annoncée se transforme en fond sonore de salle d’attente chez le dentiste.

Au niveau des graphismes, difficile de sortir le grand saxophone. L’univers est effectivement mignon, mais aussi terriblement vide. On a l’impression de jouer dans un coin de table IKEA abandonné, avec quelques abeilles qui flottent dans l’air avec la grâce d’une chaussette lancée trop fort. Les animations font le minimum syndical, et l’ensemble manque cruellement de vie, ce qui est ironique pour un jeu qui parle de musique et de scène. Même un vieux jeu mobile de 2012 aurait probablement plus de personnalité visuelle, et ça pique un peu.

Côté gameplay, la promesse de puzzle stratégique fond plus vite qu’un glaçon sur Mars. Le principe est simple : on balance des abeilles, elles fusionnent, et deviennent des abeilles plus grosses. Jusque-là, OK. Sauf que dans la pratique, on peut littéralement spammer le bouton A comme si on jouait à Track and Field avec une manette cassée, et hop, le niveau se termine. La stratégie existe peut-être dans un univers parallèle, mais ici elle a pris ses vacances sans prévenir. Le système de rotation autour du cercle ajoute une illusion de contrôle, mais au final, c’est aussi profond qu’un épisode filler de Naruto.

Pour la bande-son, on attendait du jazz qui claque, du groove, quelque chose qui donne envie de hocher la tête comme dans un vieux film de Scorsese. À la place, on a des musiques bof, sans relief, qui finissent par tourner en boucle plus vite que votre patience. Censé être relaxant, le tout devient surtout anesthésiant, et pas dans le bon sens du terme. On est très loin d’une ambiance musicale qui porte le jeu : ici elle le traîne plutôt comme un sac de courses trop lourd.

Concernant la durée de vie, le problème n’est pas tant le contenu que l’envie d’y rester. Entre la facilité déconcertante et le manque total de stimulation, on décroche rapidement. Le mode campagne et le mode sans fin sont présents, mais ils donnent surtout l’impression d’être là pour remplir une checklist plutôt que pour offrir une vraie expérience. On enchaîne quelques parties, puis on réalise qu’on pourrait faire exactement la même chose en empilant des pièces de monnaie sur la table, avec à peu près le même niveau d’excitation.

En conclusion, To Bee Jazz ressemble à une jam session où personne n’a vraiment appris à jouer d’un instrument. L’idée de départ était sympa, presque charmante, mais son exécution donne surtout envie d’appuyer sur pause… définitivement. Un jeu qui voulait nous faire swinguer, mais qui finit par nous donner le blues, et pas dans le bon sens du terme.