Toad Slide est un jeu de réflexion en pixel art 2D qui s’inscrit clairement dans la grande famille des Sokoban. Direction un marais magique, entre jour et nuit, où l’on incarne un crapaud mystique chargé de pousser, tirer, avaler et recracher des blocs runiques afin de les poser sur des cercles magiques. Sur le papier, la promesse est simple : 30 niveaux bien découpés, une difficulté progressive et une petite idée originale pour se démarquer de la concurrence.

Manette en main, le principe est immédiatement compréhensible. On se déplace sur une grille, on anticipe chaque mouvement et on tente de ne pas se bloquer comme un amateur au bout de trois actions. Jusque-la, rien de neuf sous le soleil du marais. Toad Slide reprend les bases du Sokoban sans chercher à les révolutionner, du moins en apparence.
La fameuse subtilité du jeu, c’est cette langue extensible du crapaud. Au lieu de simplement pousser des blocs, on peut les attraper avec la langue et les projeter dans la direction souhaitée, à condition que le chemin soit libre. Sur le principe, l’idée est plutôt maligne et apporte une petite couche de réflexion supplémentaire. Dans les faits, cela complique surtout des situations qui n’en demandaient pas tant.

Car très vite, le gameplay devient pénible. La gestion de la langue manque de précision, les erreurs se paient cash et l’on passe plus de temps à annuler ses coups qu’à savourer une vraie satisfaction intellectuelle. Avaler un bloc pour le recracher plus loin peut sembler amusant au début, mais l’effet nouveauté s’estompe rapidement, laissant place à une certaine frustration.
Visuellement, le jeu n’aide pas vraiment à faire passer la pilule. Le pixel art est plutôt vilain, avec des environnements redondants qui donnent l’impression de refaire sans cesse le même niveau, même lorsque le jeu alterne entre jour et nuit. L’ambiance du marais magique peine à s’installer et manque cruellement de charme.

Côté sonore, le constat est tout aussi tiède. La musique est bof, sans être désagréable, mais elle ne marque jamais l’esprit. Les bruitages suivent la même pente : fonctionnels, oubliables et sans réelle identité. Rien de catastrophique, mais rien qui donne envie de monter le son non plus.
Heureusement, Toad Slide propose des fonctions d’annulation et de redémarrage rapides, indispensables vu la rigidité de certaines situations. Sans cela, la manette aurait probablement fini dans le marais depuis longtemps. Ces options sauvent un peu l’expérience, sans pour autant gommer les défauts de fond.
En conclusion, Toad Slide est un sokoban un peu plus original de chez Afil Games, mais manque de pot, son originalité rend son gameplay frustrant. Dommage!