Test de Total Chaos – Chaotique de le finir

Total Chaos se présente comme un survival-horror à la première personne qui flirte dangereusement avec la folie, la solitude et les couloirs trop longs pour être honnêtes. Le joueur incarne un naufragé échoué sur l’île de Fort Oasis, un ancien bastion aujourd’hui en ruines, guidé par d’étranges transmissions radio. Très vite, le jeu brouille la frontière entre réalité et hallucination, avec une promesse claire : survivre, comprendre ce qu’il s’est passé ici… et garder un minimum de santé mentale au passage.

Dès les premières minutes, l’ambiance pose ses valises. Fort Oasis transpire la décrépitude, avec une direction artistique clairement inspirée par Lovecraft et Silent Hill. Sur le papier, ça fait rêver. En pratique, c’est plus mitigé : techniquement, le jeu fait le strict minimum. Les textures manquent de finesse, les décors sont souvent trop vides, et l’ensemble donne parfois l’impression de visiter un parc d’attractions abandonné avant même son ouverture.

Côté bestiaire, même combat. Les ennemis sont censés être cauchemardesques, mais ils tombent souvent à plat. Non pas parce qu’ils sont trop effrayants, mais parce qu’ils sont assez mal modélisés et peu inspirés. On comprend l’intention, on sent l’envie de déranger, mais le résultat reste trop brut pour vraiment marquer les esprits.

Le cœur du jeu repose sur sa survie pure et dure. Total Chaos adore compliquer la vie du joueur : labyrinthes à répétition, clés planquées sournoisement, objets à récupérer dans tous les coins, gestion de la faim, des soins, des saignements, sans oublier les armes de fortune qui se cassent plus vite qu’une promesse électorale. Résultat : même en difficulté facile, la frustration peut vite monter, surtout à cause d’un manque cruel de bandages. Mourir parce qu’on saigne lentement sans solution, ça use.

Heureusement, un mode touriste est là pour sauver les nerfs. Il supprime la plupart des contraintes de survie et transforme l’expérience en promenade horrifique bien plus digeste. Et clairement, le jeu y gagne en confort et en plaisir, surtout pour ceux qui veulent avant tout explorer l’univers sans passer leur temps dans l’inventaire.

La bande-son, elle aussi, reste assez discrète. Les musiques font le job sans jamais s’imposer, et les bruitages manquent d’impact. Rien de catastrophique, mais rien de mémorable non plus. A noter également que le jeu est intégralement en anglais pour le moment, ce qui peut freiner certains joueurs, surtout dans un titre très basé sur la narration environnementale et les notes à lire.

Le gameplay, lui, est correct sans plus. On est sur un FPS classique, avec un personnage assez rapide et des sensations honnêtes. Le vrai problème vient du level design, trop souvent réduit à une succession de couloirs. Ajoutez à cela l’impossibilité de sauter, et le moindre obstacle devient un mur infranchissable, sauf si vous avez la bonne pioche pour casser la caisse mal placée. Un choix de design qui agace plus qu’il ne stimule.

Côté durée de vie, comptez environ 15 heures pour aller au bout de l’aventure. Et pour l’anecdote, il est possible de finir le jeu en deux minutes en repartant directement en bateau, ce qui débloque un succès et lance le générique. Un petit délire absurde que j’ai plutôt apprécié, comme un clin d’oeil malicieux des développeurs.

Malgré une ambiance travaillée et quelques bonnes idées, Total Chaos reste un titre assez moyen. Sa technique pas folle et son level design peu inspiré plombent une expérience qui aurait pu être bien plus marquante. Un jeu qui intrigue, mais qui laisse surtout l’impression d’un potentiel mal exploité, perdu quelque part entre deux couloirs sombres.