Si vous pensiez que les années 80 n’étaient qu’une époque de coiffures douteuses et de synthés criards, Trasmoz Legends vient vous rappeler qu’on savait aussi faire des jeux qui, mine de rien, tenaient bien la route. Ce dernier volet de la trilogie Trasmoz se présente comme une borne d’arcade exhumée du grenier d’un collectionneur : pixel art limité à 16 couleurs, musique chiptune qui sent bon le YM2203, et un gameplay aussi simple qu’un interrupteur. Et vous savez quoi ? Ça marche.

Le principe est enfantin : des plateformes, des échelles, des ennemis, et des torches à allumer. Pour allumer une torche, il faut récupérer la flamme en zigouillant les monstres du coin. Une fois que tout est illuminé, le grand squelette qui plane au-dessus du niveau arrête enfin de jouer les gros bras et disparaît, ouvrant la porte vers le tableau suivant. Ça paraît basique, mais comme souvent avec les vieux concepts, la sauce prend.
On joue sur écran fixe, avec cette mécanique de looping digne de Pac-Man : tomber dans un trou vous renvoie en haut, et sortir à gauche vous fait réapparaître à droite. C’est le genre de petit détail qui donne un charme rétro immédiat, tout en ajoutant une couche stratégique : l’ennemi qui vous pourchasse ne disparaît jamais vraiment, il revient toujours par un coin de l’écran.

Visuellement, on est dans du pur revival arcade. Ce n’est pas « beau » au sens moderne du terme, mais le pixel art minimaliste fonctionne grâce à sa cohérence. On sent que les développeurs voulaient reproduire l’aspect granuleux et limité d’une vraie carte arcade 80’s. Même combat côté bande-son : des pistes midi simples mais efficaces, qui rythment parfaitement les parties sans agresser les oreilles.
Côté gameplay, ça répond au quart de tour. On saute, on esquive, on frappe, et on recommence. Le rythme est soutenu, les erreurs se paient cash, et la boucle de jeu a ce côté hypnotique qui pousse à relancer une partie « juste pour voir si j’arrive au prochain niveau ». Le boss final, omniprésent dès le départ, ajoute aussi une tension agréable puisqu’on sent toujours une menace planer, littéralement.

Là où Trasmoz Legends surprend, c’est dans la variété de ses modes : Familial pour les curieux, Classique pour les puristes, Speedrun pour les acharnés, et Sans fin pour les masochistes. Et si vous avez un ami prêt à partager la souffrance, le mode coop local ajoute un petit côté convivial qui marche toujours bien dans ce type de jeu.

En conclusion, Trasmoz Legends est un vrai jeu de plateforme à l’ancienne et miraculeusement, ça fonctionne encore aujourd’hui. Alors oui, si vous avez moins de 40 ans vous risquez de vous demander pourquoi vous jouez à cela, mais il faut saluer que le titre est plutôt sympa à jouer.
