Test de TRON: Catalyst – Retour dans le TRON

TRON: Catalyst, signé Bithell Games, nous propose une plongée isométrique dans l’univers aux néons flashy de TRON. Le décor est planté : lumière bleue, disques qui volent, pixels qui brillent… mais est-ce que cette nouvelle mouture sait transformer le style en substance ? Ou est-ce qu’on va encore se prendre une update pleine de bugs en pleine session ?

Des décors assez génériques

Vous incarnez Exo, un programme de livraison qui se retrouve embarqué dans une embrouille digne d’un forum de hackers sous acide : une lutte de pouvoir entre deux factions numériques et une menace de réinitialisation totale de la Grille. Rien que ça. Entre manipulations politiques, personnages bavards et un méchant qui fait bien le boulot niveau charisme, le scénario essaie d’être plus profond qu’un flux RSS… mais peine à convaincre. Beaucoup de dialogues, pas mal de lore, mais peu de tension. Le tout manque un peu de peps, et surtout, d’enjeux qui nous scotchent à l’écran.

Quelques passages sympas

Côté baston, le jeu sort les bases : des parades, des esquives, du corps-à-corps, et bien sûr, le légendaire disque qui rebondit comme une balle magique dans une salle de squash futuriste. Les sensations sont correctes, mais rapidement, on tape dans la redite. Surtout quand on découvre que la parade upgradée peut pratiquement faire le café. On devient intouchable, même au niveau de difficulté le plus costaud, et les combats se transforment en chorégraphie un peu trop bien rodée. L’idée de « voler » les compétences ennemies est rigolote sur le papier, mais dans les faits, on s’en passe très bien. C’est gadget, comme un skin doré sur un antivirus.

Heureusement, le cycle lumineux (la moto emblématique) est là pour casser un peu la routine, du moins dans les zones ouvertes. Quand on file à toute vitesse en laissant un joli sillon destructeur derrière soi, le plaisir est réel. En revanche, dès qu’on tente de slalomer dans des ruelles étroites, on a plus l’impression de conduire un caddie Carrefour un jour de soldes. Quant au jet lumineux… disons que si vous aimez les mini-jeux sans conséquence, vous serez ravis.

Encore un combat

Le fameux pouvoir de « Glitch », censé être au cœur de l’expérience, vous permet de réinitialiser une zone tout en gardant certains éléments. Sur le papier, on pense à un truc à la Prince of Persia sauce cyber, mais dans la pratique, c’est surtout un bouton pour recommencer proprement. Pas de vraie liberté d’expérimentation, pas de secrets bien planqués à dénicher… juste une mécanique gentiment balisée, histoire de faire croire qu’on joue malin.

L’évolution du personnage est aussi expéditive qu’une mise à jour de firmware : l’arbre de compétences se remplit à vitesse grand V, sans vraiment forcer. Du coup, on choisit nos améliorations un peu par dépit, sans que ça change grand-chose à notre manière de jouer. Le disque a beau gagner des variantes, ça reste la même galette qu’on balance encore et encore, et les modificateurs font à peine frémir le gameplay.

Une vue un peu éloignée

Globalement, les contrôles répondent bien, mais la vue isométrique, elle, joue parfois contre nous. Dans les bastons en petit comité, ça va. Dès qu’on a trois ennemis qui se chevauchent dans un coin d’écran, bon courage pour viser juste. Le disque, censé être notre arme fétiche, se prend un mur invisible une fois sur deux. Et dans les couloirs, c’est encore pire. Bonjour les rebonds bizarres et les collisions approximatives.

Artistiquement, ça tient la route. Les effets lumineux claquent bien, les sprites 2D sont stylisés et lisibles, et l’ensemble respecte l’identité visuelle de la licence. Mais les décors… c’est une autre histoire. Des couloirs gris-bleu à perte de vue, des arrière-plans génériques, et une sensation de « copier-coller » qui s’installe un peu trop vite. Pas moche, mais franchement pas mémorable non plus.

Je file droit

Côté son, c’est le grand écart. Les doublages sont soignés, notamment pour Exo et Conn, qui arrivent à donner un peu d’épaisseur à tout ça. En revanche, la musique… aïe. Si vous espériez un digne successeur aux vibes électro de Daft Punk, passez votre chemin. La bande-son est plate, répétitive, et peine à accompagner les moments de tension. Les bruitages sont fonctionnels, sans éclat. Et les alertes ? Préparez-vous à avoir envie de muter votre télé.

Comptez une petite douzaine d’heures pour voir le bout de la campagne principale. Les quêtes annexes ? C’est du recyclage de combats et de collecte de ressources, sans trop d’intérêt. Et côté rejouabilité, disons que le « Glitch » ne donne pas assez envie de se relancer dans la boucle, et les environnements traversés ne crient pas « reviens-moi ».

En conclusion, TRON: Catalyst a les néons, l’univers fidèle et quelques bonnes idées. Mais son gameplay trop sage, sa progression express, et sa bande-son oubliable empêchent le jeu de sortir de la matrice du « bof ».