Si vous trouvez que Doom Eternal était encore trop sage, laissez-moi vous présenter Turbo Overkill, un FPS qui ressemble au fruit illégitime d’une soirée trop chargée en caféine entre Duke Nukem, Ghostrunner et un concert de métal où même les enceintes auraient besoin d’un défibrillateur. Ici, pas question de subtilité : Johnny Turbo, notre héros mi-homme, mi-boucherie cybernétique, sort l’artillerie lourde avec une jambe-tronçonneuse, des roquettes planquées dans les bras et un arsenal si démesuré qu’on se demande encore comment la manette n’explose pas sous la pression. L’objectif ? Purger Paradis, une cité cyberpunk tombée sous la coupe d’une IA tyrannique nommée Vice. Et quand je dis « purger », comprenez « repeindre chaque mur avec le contenu des ennemis ».

Le credo est simple : plus vite, plus fort, plus sale. On enchaîne les glissades tronçonneuses comme si le sol était en beurre, on galope sur les murs façon ninja futuriste, on active la Période Turbo pour ralentir le temps et transformer chaque arène en chorégraphie sanglante. Chaque flingue est un petit bijou de destruction massive : mention spéciale au fusil Boomer, équipé d’un lance-grenade qui transforme les affrontements en un feu d’artifice pyrotechnique où les pétards, ce sont vos adversaires.

Soyons clairs : Turbo Overkill ne fait pas dans la dentelle. Les têtes éclatent comme des pastèques sous pression, les membres partent en orbite et les gerbes de sang repeignent vos lunettes de soleil virtuelles. L’habillage cyberpunk en pixel-art est stylé, mais aussi sacrément violent pour la rétine. Les couleurs fluo et les néons agressifs donnent parfois l’impression d’être coincé dans un karaoké japonais branché sur 3000 volts. Résultat : coup de cœur visuel pour certains, mal de crâne garanti pour d’autres.

Le gameplay, lui, reste une véritable drogue dure. Chaque boss abattu vous file des améliorations qui renforcent encore le côté « machine à tuer » de Johnny Turbo, et la variété des situations pousse toujours à foncer, exploser, recommencer. Dommage que le bestiaire ne suive pas la même énergie : entre les monstres cubiques façon Doom premier du nom et les ennemis dignes d’un vieux Duke Nukem 3D, ça manque parfois de charisme. Même constat pour certaines animations un peu raides, qui rappellent que derrière la furie visuelle se cache un jeu qui aurait mérité un peu plus de polish.

Côté bande-son, ça tabasse sec : de l’électro surboostée qui colle parfaitement aux gunfights frénétiques. Le hic ? Elle tourne vite en boucle, et après une heure de boucherie continue, on finit par reconnaître chaque drop avant même qu’il ne tombe. Avec un peu plus de variété, on aurait tenu une OST culte du genre.
Cette Ultimate Edition ne se contente pas de rebalancer le jeu tel quel : elle ajoute une grosse mise à jour gratuite pour tout le monde, avec des améliorations bienvenues comme de nouvelles configurations manettes (oui, même sur PC), histoire de ne plus se battre contre ses propres contrôles. Et pour ceux qui aiment les bonus, le menu est copieux : un artbook de 140 pages, des extraits de la BO, et même une BD numérique préquelle baptisée Original Syn, qui explore les origines de Johnny Turbo et donne plus de contexte aux tarés qu’on découpe joyeusement. Bonne nouvelle : si vous possédez déjà le jeu, tout ce contenu est accessible pour moins de 5 euros.

Au final, Turbo Overkill: Ultimate Edition est toujours le même FPS ultra-nerveux, bourrin et jouissif qu’à sa sortie, mais enrichi de bonus qui raviront les fans. Un jeu qui vous colle une baffe monumentale dès la première seconde, qui vous lâche pas avant la dernière, et qui vous laisse avec un petit sifflement dans les oreilles une fois la console éteinte. À condition, bien sûr, d’avoir un cerveau capable d’encaisser ce tsunami visuel et sonore sans imploser.
