Test de Village of the Curse – Pas cher et c’est tout

Se pointer dans Village of the Curse, c’est un peu comme accepter une invitation dans un Airbnb hanté estampillé Wish: sur le papier, ça promet du mystère, du frisson et peut-être un soupçon de paranormal, mais très vite on se demande si on n’a pas juste payé pour visiter un décor en carton-pâte. On incarne un journaliste, ce qui est déjà un métier suffisamment dangereux en 2026, alors imaginez dans un village maudit rempli d’entités douteuses et de notes abandonnées comme dans n’importe quel jeu d’horreur qui a regardé Blair Witch un peu trop sérieusement. L’ambiance se veut pesante, le lore sombre, et le rituel final censé vous scotcher… mais en pratique, c’est surtout votre patience qui est mise à rude épreuve.

Du côté des graphismes, difficile de ne pas avoir une petite larme en pensant à certaines productions indé qui font des miracles avec trois fois rien. Ici, on dirait plutôt un mélange entre un projet étudiant laissé en plan et une version alpha oubliée dans un coin de disque dur. Les textures buguent, les environnements sont vides, et l’ensemble donne l’impression de se balader dans un vieux mod mal optimisé de Skyrim version 2012. Les lieux censés être inquiétants comme l’église ou le cimetière paranormaux ressemblent davantage à des maps générées à la va-vite qu’à des espaces réellement travaillés.

Sur le plan du gameplay, l’expérience se résume à un walking simulator du pauvre, et encore, c’est presque insultant pour le genre. On avance, on ramasse des notes, on avance encore, et parfois une entité apparaît, sans jamais vraiment instaurer une tension digne de ce nom. Ce manque total de rythme transforme chaque minute en longue marche forcée, comme si Death Stranding avait supprimé tous ses systèmes pour ne garder que la randonnée mais sans Norman Reedus pour sauver le tout. Même les interactions sont limitées, ce qui donne l’impression de jouer à une démo qui n’aurait jamais évolué.

Pour la bande-son, on touche un point assez fascinant dans le mauvais sens du terme. Les bruitages manquent cruellement de variété, avec des pas identiques que vous marchiez tranquillement ou que vous fuyiez comme si votre vie en dépendait. Niveau immersion, on repassera. La musique, quant à elle, fait le strict minimum, sans jamais soutenir une ambiance ou provoquer un véritable frisson. Résultat: même dans les moments censés être tendus, on reste aussi détendu que devant un épisode de Plus belle la vie.

Concernant la durée de vie, l’aventure se boucle à une vitesse presque indécente. À peine le temps de comprendre où vous êtes que le jeu vous dit déjà au revoir. Ce côté très court pourrait passer si l’expérience était marquante, mais ici, cela renforce surtout l’impression d’avoir testé un brouillon. On a connu des jeux courts et mémorables, mais celui-ci n’est clairement pas de cette catégorie.

Au final, difficile de recommander Village of the Curse, même à 1,99 euros, tarif qui vous achète habituellement au moins un petit plaisir coupable potable. Ici, c’est plutôt l’équivalent vidéoludique d’une paire de chaussettes trouées: pas cher, mais on aurait préféré ne rien acheter du tout.