Test de Wake Up, Lia! – Triste à jouer

Wake Up, Lia! aborde un sujet rarement traité avec légèreté dans le jeu vidéo : les traumatismes liés au harcèlement. Aux commandes de Lia, on traverse une série de cauchemars à la recherche de souvenirs perdus dans un jeu de plateforme 2D qui mise autant sur son récit émotionnel que sur ses défis. Sur le papier, l’aventure promet un voyage touchant entre résilience et renaissance. Dans les faits, j’ai surtout eu l’impression de me battre contre le jeu lui-même plutôt que contre les démons intérieurs de l’héroïne.

Au niveau des graphismes, la direction artistique tente d’installer une ambiance onirique, mais le résultat manque cruellement de personnalité. Les décors sont propres, certes, mais aussi mémorables qu’un fond d’écran Windows oublié depuis 2009. L’ensemble évoque parfois un vieux jeu Flash sorti à l’époque où tout le monde passait ses pauses sur des sites remplis de mini-jeux douteux. Les animations n’aident pas vraiment à donner vie à cet univers : elles sont limitées et donnent souvent l’impression que les personnages avancent avec l’enthousiasme d’un employé un lundi matin.

Concernant le gameplay, c’est malheureusement là que le bât blesse le plus. Un jeu de plateforme de précision repose avant tout sur des contrôles irréprochables, et Wake Up, Lia! peine à convaincre sur ce point. Les sauts manquent de précision et Lia semble parfois flotter dans les airs comme si elle avait discrètement emprunté les pouvoirs de Mary Poppins. Plusieurs passages demandent de la rigueur, mais quand la physique paraît approximative, l’échec devient plus frustrant que stimulant. On recommence alors certains passages non pas parce qu’on a fait une erreur, mais parce qu’on n’est jamais totalement sûr de ce que le jeu attend de nous.

Pour la bande-son, le constat est plus nuancé, mais pas forcément plus enthousiaste. Les musiques accompagnent correctement l’aventure sans jamais réellement marquer les esprits. Elles remplissent leur rôle d’ambiance, puis disparaissent aussitôt de la mémoire. Dans un récit qui cherche à transmettre des émotions fortes, on aurait aimé une identité sonore capable de renforcer davantage les moments marquants.

Concernant la durée de vie, les 20 niveaux permettent de terminer l’aventure assez rapidement. Le mode coopératif local ajoute un peu d’intérêt pour ceux qui souhaitent partager l’expérience avec un proche, mais les défauts du gameplay restent présents et limitent le plaisir sur le long terme. Le scénario tente d’apporter de la profondeur à travers ses thèmes sensibles et son récit introspectif, mais le manque de charisme général de l’ensemble empêche réellement l’aventure de décoller.

Au final, Wake Up, Lia! part d’une intention louable avec un thème fort et un message positif, mais l’exécution peine à suivre les ambitions affichées. Entre une direction artistique sans éclat, un gameplay flottant et une bande-son oubliable, l’aventure ressemble à un mauvais réveil après un rêve prometteur : on espérait découvrir une pépite narrative, mais on se retrouve surtout avec l’envie d’appuyer sur le bouton snooze.