Se réveiller dans un phare paumé au milieu d’une mer hostile, ça vend du rêve… surtout quand ton seul collègue s’appelle le vent glacial. WILL: Follow The Light te propulse dans les bottes de Will, gardien de phare et papa inquiet, lancé dans une aventure où il faudra naviguer, survivre et surtout comprendre ce qui cloche dans sa vie. Sur le papier, ça sent le drame nordique à la sauce The Revenant, mais avec moins d’ours et plus de questionnements existentiels. Autant dire qu’on s’attend à une quête poignante… ou au moins à ne pas mourir d’ennui avant la fin.

Au niveau des graphismes, le jeu s’en sort plutôt bien, surtout quand il s’agit de mettre en scène les environnements. Les paysages nordiques envoient du lourd : entre la mer déchaînée, les falaises glacées et les villages en ruines, il y a de quoi se croire dans un documentaire Arte, mais en plus interactif. Malheureusement, dès qu’un personnage pointe le bout de son nez, c’est un peu moins glorieux. Les visages et animations manquent de finesse, ce qui donne parfois des dialogues aussi expressifs qu’un PNJ dans Skyrim en 2011. L’ambiance reste néanmoins solide, et c’est clairement là-dessus que le jeu mise.

En ce qui concerne le gameplay, on est en terrain connu : un bon vieux walking simulator avec quelques énigmes saupoudrées ici et là pour faire illusion. Les puzzles sont globalement bien pensés et permettent de varier les situations, que ce soit sur un bateau ou dans une ville dévastée. Le problème, c’est que la prise en main à la manette est… disons laborieuse. Déplacer des objets donne parfois l’impression de jouer à un point and click mal adapté, ce qui peut vite devenir agaçant. On sent clairement que le jeu préférerait que tu sois sur PC avec une souris à la main, et il ne se gêne pas pour te le faire comprendre.

Pour la bande-son, le travail est propre sans être renversant. Les musiques accompagnent efficacement l’histoire et renforcent l’ambiance mélancolique, un peu comme un fond sonore Spotify « tristesse nordique volume 3 ». Les doublages en anglais sont convaincants et apportent un peu de crédibilité à l’ensemble, même quand le scénario commence à partir en roue libre. Rien d’inoubliable, mais rien de catastrophique non plus : ça fait le job, comme dirait ton collègue en réunion Zoom.

Concernant la durée de vie, comptez environ 5 à 6 heures pour voir le bout de l’aventure, en prenant le temps de ramasser quelques collectibles au passage. Le rythme est plutôt bon et les environnements variés évitent la monotonie, mais le véritable souci vient du scénario. Malgré un point de départ prometteur, l’histoire reste décousue et peine à offrir des moments marquants. On avance, on découvre des choses… puis on oublie aussitôt. Un peu comme cette série Netflix que tu regardes en fond sans jamais vraiment t’y attacher.

Au final, WILL: Follow The Light est une expérience sympathique qui aurait mérité un peu plus de souffle narratif pour vraiment marquer les esprits. Entre une ambiance réussie, des énigmes correctes et une technique en demi-teinte, le jeu navigue constamment entre le « pas mal » et le « dommage ». Ce n’est pas le naufrage total, loin de là, mais on reste sur sa faim, comme après un repas gastronomique où le plat principal aurait été remplacé par une assiette de crackers.
