Quand on te propose de t’embarquer pour le Triangle des Bermudes sous les ordres d’une corporation bien trop souriante pour être honnête, tu sais déjà dans quoi tu mets les pieds. Wreck Runners débarque sur le terrain déjà bien encombré du jeu d’extraction coopératif à la sauce Lethal Company, mais avec une bonne dose de physique déjantée. L’idée ? Embarquer jusqu’à quatre joueurs à bord de l’ORCA, un véhicule tout-terrain hybride capable de voler, rouler et plonger, pour récupérer un maximum de bricoles hors de prix avant que le brouillard maudit ne vienne tous vous transformer en engrais pour poissons

Ce qui saute aux yeux dès les premières expéditions, c’est le rôle central de cet engin. L’ORCA n’est pas un simple moyen de transport, c’est le cœur battant de ton équipe et ta seule bouée de sauvetage. Tout le gameplay repose sur la physique : avec ton grappin, tu agrippes des débris, tu tires des objets lourds et tu essaies de tout charger en catastrophe pendant que le décor s’écroule autour de toi. C’est lourd, c’est parfois totalement chaotique, mais c’est précisément là que réside le plaisir. Voir un pote tenter d’amarrer un coffre géant pendant que la marée monte et qu’une saleté d’ombre attaque le véhicule offre des moments de franche rigolade (et de panique totale).

Sur le terrain, la progression s’avère nerveuse et imprévisible. Le Triangle ne reste jamais en place et chaque essai propose des cartes modifiées, des météos capricieuses et des apparitions paranormales bien pesées. Entre deux expéditions à chasser les trésors, tu repasses par la station pour dépenser ton précieux butin : nouvelles armes, équipements plus solides, modules pour l’ORCA ou skins rigolos pour ton perso. Le rythme est bon, l’ambiance sonore mystérieuse fait le job, et la courbe de progression donne ce sentiment gratifiant de devenir une vraie bande de pillards professionnels.

Tout n’est pas parfait pour autant dans ce joyeux foutoir. Lorsque l’on joue en solo ou sans une bande d’amis bien organisée sur le micro, l’expérience perd rapidement de son charme. Le jeu devient dur, presque injuste, et la gestion du véhicule en solitaire relève du parcours du combattant. De plus, après quelques dizaines de sessions, la boucle de gameplay commence à accuser une certaine répétitivité dans les types d’objectifs demandés. Les habitués des jeux d’extraction regretteront aussi une physique qui, de temps à autre, pète un câble en coinçant des objets dans le décor sans crier gare.

Wreck Runners ne cherche pas à révolutionner la roue du jeu coopératif, mais il apporte un vent de fraîcheur très plaisant grâce à son véhicule hybride et sa physique loufoque. Exigeant avec des inconnus mais hilarant entre potes, le titre de Disruptive Games réussit son pari en offrant des sessions courtes, intenses et remplies de rebondissements. Si tu as trois coéquipiers sous la main prêts à braver les esprits du brouillard pour une poignée de dollars, l’aventure vaut clairement le détour.
