Imaginez un mélange entre Mission Impossible et Fort Boyard, mais sans gadgets, sans Passe-Partout et surtout sans rythme. Voilà à peu près ce que propose Zooparasite. Vous incarnez un agent courageux, envoyé en slip (ou presque) avec une simple lampe torche, pour fouiller des égouts sombres infestés de bestioles mutantes. Le pitch fait envie : enquête, horreur, révélation d’expériences louches dans les sous-sols de la ville… sur le papier, on sentait presque la bonne série B poisseuse.

Sauf que très vite, la désillusion est totale. Graphiquement, le jeu donne l’impression d’être coincé en 1998, avec des textures baveuses façon pâte à modeler numérique. On dirait un vieux jeu Nintendo 64 vaguement passé au polish HD… mais qui aurait oublié d’enlever la poussière. L’ambiance crade colle bien à l’univers, mais franchement, ça pique les yeux plus qu’autre chose.

Côté gameplay, préparez-vous à tester votre patience. Votre héros avance au ralenti, comme s’il s’était enfilé trois tartiflettes avant la mission. Il peut courir, certes… mais un escargot surmotivé le rattraperait sans souci. Et comme la moitié du jeu consiste à fuir pour se planquer quand un insecte géant vous repère, la frustration monte aussi vite que votre envie de désinstaller.
Les niveaux, eux, ressemblent à un labyrinthe sans fin. On se perd dans des couloirs sombres, on bute contre des créatures qui bloquent les passages, et on recommence inlassablement le même schéma : avancer, croiser une horreur gluante, rebrousser chemin, trouver un détour. C’est plus de la randonnée spéléologique forcée que du vrai survival horror.

Et pourtant, paradoxalement, l’ambiance fonctionne par moments. Le malaise est bien là, la lampe torche crée des zones de tension, et on sent une vraie volonté de poser une atmosphère dérangeante. Le design sonore aussi fait son boulot : grincements métalliques, échos inquiétants, bruitages sales… de ce côté-là, on a déjà vu bien pire.
Mais difficile de rester immergé quand chaque affrontement avec le gameplay devient une punition. La lenteur, les textures vieilles de vingt ans et le schéma répétitif finissent par casser tout le potentiel horrifique. On a plus envie de souffler d’exaspération que de trembler. Zooparasite est un titre qui a une ambiance oui, mais pour le reste, ça pique les yeux et c’est plus frustrant que stressant.
