Quand el patron m’a proposé un nouveau jeu où il faut examiner les scènes de crimes, j’ai dit « banco » ! Dire que j’adore ça serait peut-être bizarre, mais analyser des preuves, faire des liens pour trouver le pourquoi du comment, c’est fantastique. Cependant, dans Forensics : Crime Scene il y a uniquement le fait d’analyser les preuves.

Forensic : Crime Scene avait de quoi intriguer sur le papier. Le concept d’incarner un analyste de scène de crime, de fouiller des indices, de faire parler les armes du crime à la Dexter, de trouver des empreintes digitales ou encore des tâches de sang… et de reconstituer un enchaînement de faits, ça a clairement un petit parfum de bonne idée qu’on a envie de voir fonctionner. Il y a même ce côté satisfaisant de se sentir utile autrement qu’avec un flingue ou une course contre la montre, en prenant le temps d’observer, de comparer et de remettre un peu d’ordre dans le chaos. Sur ce point, le jeu réussit à créer une ambiance particulière, presque clinique, où l’on se glisse dans la peau de quelqu’un qui ne jugerait pas une affaire à l’intuition, mais uniquement grâce aux preuves. Et franchement, c’est l’un des aspects les plus cools du titre.

Mais très vite, l’enthousiasme retombe un peu. Le cœur du problème, c’est que l’expérience devient moins fluide qu’attendu, notamment à cause de machines pas toujours agréables à manipuler. Au lieu de donner l’impression d’être un pro du labo, on a parfois surtout celle de se battre contre l’interface, les outils ou la logique de certains menus. Le plaisir d’enquête s’émousse alors, parce qu’au lieu de se concentrer sur les indices, on se retrouve à composer avec des gestes ou des interactions qui cassent le rythme. Ce genre de friction peut sembler secondaire au début, mais dans un jeu qui repose autant sur la précision et l’observation, ça pèse vite sur l’ensemble. Cependant, les analyses se font toutes « à la main ». C’est à dire que vous regardez réellement les balles tirées, chercherez réellement le rapport entre deux ADN. Forensics : Scene Crime tourne ça sous forme d’analyse en un gameplay à part. Ainsi, vous avez la récolte de preuve d’un côté et l’analyse derrière.

Autre réserve importante, les liens entre les victimes se construisent automatiquement une fois les preuves envoyées à l’analyse. Sur le principe, ça peut aider à éviter de tourner en rond, mais dans les faits ça enlève une partie de la sensation de déduction personnelle. On aimerait parfois être davantage acteur de la connexion entre les éléments, sentir qu’on bâtit son raisonnement pas à pas, au lieu de laisser le jeu faire une partie du travail à notre place. Du coup, l’enquête donne parfois l’impression d’être plus assistée qu’on ne l’aurait souhaité, ce qui peut frustrer quand on attend un vrai jeu d’investigation exigeant et gratifiant.

Malgré tout, il faut reconnaître que le jeu garde une identité. Le plaisir d’endosser le rôle de l’analyste, de manipuler les indices avec méthode et de regarder la scène de crime comme un puzzle humain, ça fonctionne encore par moments. Il y a une vraie idée derrière l’ensemble, et on sent que le titre veut proposer autre chose qu’un simple enchaînement d’actions. C’est sans doute ce qui évite à l’expérience de sombrer totalement : même quand la mise en pratique agace, le concept reste suffisamment original pour donner envie d’aller voir plus loin, ne serait-ce que par curiosité professionnelle ou ludique.

Forensic : Crime Scene est un jeu qui avait du potentiel, mais qui m’a laissé sur ma faim. Sur le fond, l’idée est bonne et l’ambiance tient la route, mais la prise en main laborieuse et certaines automatisations trop présentes viennent casser l’immersion. C’est dommage, parce qu’il y avait là de quoi offrir une enquête vraiment prenante. Je suis donc resté un peu déçu, même si je garde en tête ce petit plaisir d’incarner le côté analyste, qui demeure la meilleure raison de s’y intéresser.
