Epic Mickey : Ca pique !

Après un tableau réussi sur Wii, Mickey tente de conquérir une cible un peu plus difficile en s'étendant à toutes les consoles. Tout n'est pas mignon et enfantin dans le monde de la désolation et Epic Mickey : le retour des Héros le retranscrit plutôt bien. Mickey, Oswald, sachez que tout n'est pas acquis non plus...

N'ayant pas taquiné le pad sur le premier, je me suis lancé dans celui-ci en toute innocence, ma connaissance de l'univers Disney dans un stick et mon expérience en jeu de plate-forme dans l'autre. Le constat fût très rapide et persistant jusqu'à la fin de ce test. Malgré un univers présentant les personnages Disney d'une façon tout à fait originale et un gameplay basé sur un principe plutôt attirant sur le papier, le tout est taché de grosses gouttes de peintures toute moches par une maniabilité baveuse et dégoulinante d'imprécision. Et sauver le monde dans ces conditions, c'est une tâche difficile, même à deux.

Oswald sait se rendre utile, malgré quelques soucis d'IA

Et oui! Oswald le lapin qui était déjà de la partie dans le premier opus est maintenant jouable par un deuxième joueur. Le joueur principal, lui, a forcément Mickey, il est donc impossible de passer de l'un à l'autre en solo. Concept un peu étrange mais après tout c'est Mickey qui fait les trucs cools! Il a toujours son pinceau lui permettant d'envoyer de la peinture ou du solvant sur des éléments du décors. Si la peinture redonne une nouvelle jeunesse à l'objet visé, le solvant aura l'effet inverse allant même jusqu'à le rendre invisible et donc de permettre aux héros de passer à travers. Faire apparaître et disparaître certains éléments à volonté c'est un mécanisme qui laisse place à de bonnes phases de plate-forme, mais qui malheureusement n'est pas toujours très bien exploité. Et pour les fans d'exploration comme moi à chercher le moindre recoin, c'est vraiment le paradis car des objets cachés dans Epic Mickey il y en a des tonnes et vraiment bien cachés pour certains.

Et hop! Comme neuf!

Dès les premiers sauts, on se rend compte que Mickey est un paquebot à manipuler quand il s'agit de jouer finement. S'il s'en sort plutôt bien dans la majeure partie des cas, c'est lorsqu'il faudra enchaîner les sauts difficiles pour accéder à une plate-forme un peu haut perchée ou lorsqu'il faudra jouer de vos réflexes avec précision que la souris retournera dans sa cage et vous laissera seul à pester devant l'écran.

En parlant d'écran, si Mickey est une star du petit écran depuis notre plus tendre enfance, la caméra ne lui fait pas honneur ici. Elle est tout simplement à chier. Parfois derrière un mur pour on ne sait trop quelle raison, parfois en gros plan sur le nez de Mickey, parfois même ne montrant pas votre personnage à l'écran, et plus rarement encore, relativement bien placée. Cette caméra qui fait un peu ce qu'elle veut vous fera aimer les niveaux avec un gameplay 2D.

Les projecteurs mènent sur des niveaux au gameplay en 2D

Entre des phases de plate-forme en 2D, d'autres en 3D et l'exploration des différentes ville en 3D, le jeu est tout de même relativement varié et saura satisfaire nos envies de plate-forme.

Je reproche tout de même aux niveaux en 3D d'être anormalement sombres. Si le but était de faire flipper les gamins, c'est raté! On est juste perdu par moment, j'ai été obligé de monté la luminosité du jeu dans les options et pourtant ma télé est très bien réglée. Ce qui fera flipper les gamins c'est assurément de voir les bestioles qui se baladent dans ce monde imaginé par les développeurs de Junction Point.

Si les personnages de Disney ont pour la plupart gardé leurs voix françaises que l'on peut retrouver dans des dessins animés par exemple, ils ont totalement changé de look. C'est un peu un mix entre l'univers steampunk et Disney. Ce qui avait déjà fait couler beaucoup d'encore pour la sortie du premier. Mais il faut constater que cela rend plutôt bien. Une question me vient alors en tête, à qui s'adresse ce titre ?

Robot Dingo, Mecha Daisy et Cyber Donald. La funky family.

Si Disney vise les plus jeunes joueurs, ils seront freinés par de nombreux points comme cette vision obscure et peu féerique ou la mort un peu trop punitive qui vous oblige à recommencer un niveau depuis le début, ou la difficulté à se coordonner avec une maniabilité aussi perfectible lorsque les deux personnages sont incarnés par des joueurs.

Donc la cible c'est les vieux ? Ceux qui ont enchaîné les jeux de plate-formes durant leur jeunesse ? Mais là d'autres critères vous refroidiront, en plus de la maniabilité, ce seront les graphismes avec des textures pas terribles voire moches ou des cinématiques chantées, non je ne rigole pas, chantées! Même si au final cela rend bien car les doubleurs français ont fait un super boulot, vous ferez un bond dans votre canapé, même une fois prévenu.

Non Oswvald! Vise le bouton bleu là, pas mon nez!

Ce qui en revanche ralliera tout le monde devant l'écran c'est bel et bien Mickey lui-même. Alors autant montrer la star sous son meilleur profil en proposant des costumes à acheter avec les tissus collectés dans les niveaux. Epic Mickey a le mérite d'apprendre la politique Disney aux plus jeunes, si tu veux un chapeau comme Peter Pan, faut payer. Les différents mondes sont assez riches et vastes et procurent un sentiment de liberté bien que certains passages fassent un peu couloir. Au cours de l'aventure, on vous demandera de faire des choix, qui n'auront pas grande incidence certes, mais c'est toujours agréable de résoudre un problème de plusieurs façons. Votre réflexion sera sollicitée par des énigmes basiques mais toujours appréciées. Vous aurez ainsi la possibilité de sauter dans différents pots de peinture comme la peinture invisible qui vous permettra de ne pas être vu pas les ennemis, logique. Et la peinture indélébile, suffisamment épaisse pour résister au solvant et qui fait légèrement penser à Metal Mario dans Mario 64.

Les ennemis sont parfois surprenants

Ce jeu c'est un peu Lego DeBlob, deux jeux que j'ai apprécié. Mais Epic Mickey m'a laissé une impression d'inachevé, un jeu qui est principalement amputé de son potentiel par sa maniabilité conçue à la va-comme-je-te-pousse et une gestion de la caméra minable.

Le jeu a un univers très agréable, des doublages de bonne facture, des collectables à souhait et un certain côté nostalgique qui est toujours chouette. S'il aurait pu être bon avec un peu plus de finissions, Epic Mickey : le retour des Héros est cependant encore loin des références du genre.

Disney Epic Mickey : Le retour des Héros Note XboxOrNot

sur 100

  • Doublages
  • Gameplay original
  • Exploration
  • Nostalgie
  • Niveaux très sombres
  • Textures baveuses
  • Ca chante!!
  • Maniabilité peu précise
  • Caméra insupportable
  • Notre barême en détail
Goma
Par

Le petit dernier de GameOrNot, c'est Goma. On pense qu'il est là par passion. Mais détrompez-vous, sa véritable nature se dévoile quand on prend quelques secondes pour faire du verlan sur son pseudo. Goma. Mago. Il doit aimer les Doritos ! A moins que ce ne soit une alusion à sa magic' touch' ?