Barbarian saga: The Beastmaster, c’est le genre de jeu qui arrive en fanfare avec une épée qui dévore les cœurs, des transformations de bêtes à gogo, et une ambiance dark fantasy qui sent bon la VHS des années 80. Vous incarnez Ren, le dernier des Beastmaster, dans un monde appelé Arborea où les humains ont décidé d’éradiquer toutes les créatures non-humaines. Sauf que vous, vous êtes la prophétie : celui qui va unir les hommes et les bêtes pour ramener la paix… ou tout raser, au choix. Le tout dans un Metroidvania 2D dessiné à la main, avec des combats viscéraux, des arènes façon jeu de combat, et des choix qui influencent la fin. Sur le papier, ça claque. Dans la pratique, c’est un peu plus mitigé.

Le cœur du gameplay, c’est du classique : vous explorez un monde interconnecté, vous débloquez de nouvelles zones grâce à des capacités gagnées en absorbant les âmes des créatures que vous tuez. Sauf que cette fois, pas de double-saut ou de dash bottes : ce sont vos transformations animales qui ouvrent la carte. Besoin de passer dans un passage étroit ? Transformez-vous en une bestiole capable de se faufiler. Vous devez escalader une paroi verticale ? Il y a une forme pour ça. Vous voulez exploser une barrière fortifiée ? Encore une autre transformation. Cela ajoute une vraie dimension stratégique : chaque âme absorbée devient une clé pour progresser, et chaque nouvelle forme ouvre des possibilités de combat et d’exploration. C’est malin, ça change des Metroidvania classiques, et ça donne envie de progresser pour avoir toutes les créatures incarnables.

Mais Barbarian Saga ne s’arrête pas là. Le jeu introduit un système de collier rituel qui remplace les menus de stats classiques. Au lieu de monter votre force ou votre mana de manière abstraite, vous collectionnez des perles, des amulettes, des crocs et des racines de plantes qui viennent se glisser sur votre collier. Chaque élément apporte un bonus modulable : régénération de mana, modification de la trajectoire de votre épée, ajout d’effets élémentaires, boost de vitalité, etc. Cela encourage l’expérimentation : vous pouvez tester différentes combinaisons pour adapter votre style de jeu, que vous soyez plutôt offensif, défensif ou magique. Le problème, c’est que le jeu ne vous explique pas grand-chose. Pas de tutoriel clair sur le fonctionnement du collier, pas d’indications sur les synergies entre les éléments, et une interface qui rend la gestion des relics un peu pénible. Résultat : on passe plus de temps à tester des combinaisons au hasard qu’à vraiment construire un build cohérent. Certains joueurs aimeront cette liberté, d’autres trouveront ça frustrant. Personnellement, j’aurais préféré un peu plus de guidance, surtout dans les premières heures de jeu.

Autre grosse originalité : les duels en arène. Contrairement aux boss classiques qui se déroulent dans le décor normal du jeu, certaines rencontres zooment la caméra et affichent des barres de vie façon jeu de combat. Vous vous retrouvez dans un face-à-face serré, où l’espacement, le parry et les contre-attaques deviennent essentiels. Ça change vraiment du rythme habituel du Metroidvania, et ça ajoute une vraie tension. Certains combats sont mémorables, avec des patterns de boss bien pensés et des moments épiques où on sent qu’on affronte un vrai adversaire. Mais là encore, il y a des bémols. Certains boss ont des dégâts tellement élevés qu’ils vous obligent à grinder ou à maitriser sur le bout des doigts vos relics pour passer. Ça casse un peu le rythme, surtout quand on veut avancer dans l’histoire. Et si vous n’êtes pas fan des jeux de combat, certains duels peuvent devenir frustrants. Le système de parry et de contre-attaque est bien pensé, mais il demande une bonne précision. Bon, après je viens de terminer le dernier titre dans l’univers de A Plague Tale, Resonance, et je sors du DLC de Tails of Iron II qui demande aussi des exigences assez stricts.

Visuellement, Barbarian Saga est réussi. Le style dessiné à la main rappelle les cartoons dark fantasy des années 80-90, avec des sprites expressifs, des animations soignées et des décors qui ont de la personnalité. Sur Xbox Series X, le jeu tourne en 4K, les chargements sont rapides, et le backtracking (quand on doit revenir en arrière pour explorer des zones précédentes) reste fluide. L’ambiance sonore est également au rendez-vous, avec une bande-son qui colle bien à l’univers barbare et mystique. Mais le monde d’Arborea a aussi ses défauts. Certains biomes se ressemblent trop, et le backtracking peut devenir lassant avant d’avoir débloqué les points de téléportation. Les sauts ont parfois des physiques un peu raides, surtout dans les sections de plateforme précises où une erreur vous fait retomber dans un piège. Et si vous aimez les mondes ouverts qui vous laissent explorer librement, sachez que Barbarian Saga reste très linéaire : vous suivez un chemin principal, avec quelques embranchements optionnels, mais rien de vraiment ouvert.

Le jeu mise aussi sur une narration à choix multiples. En parlant aux différents PNJ (tribus non-humaines, villageois, mages, etc.), vous débloquez des quêtes secondaires, des arcs narratifs et vous influencez la fin du jeu. Plusieurs conclusions sont possibles, selon vos décisions et vos alliances. C’est une bonne idée, et ça donne envie de rejouer pour voir les différentes fins. Mais honnêtement, l’écriture n’est pas toujours au niveau. Certains dialogues sont un peu plats, les PNJ manquent parfois de profondeur, et l’histoire principale reste assez classique (guerre entre humains et non-humains, prophétie, héros choisi, etc.). Ça ne gâche pas l’expérience, mais ça ne marque pas non plus. Si vous cherchez un Metroidvania avec une narration forte, vous serez peut-être déçu. Si vous voulez juste un bon jeu d’action avec un univers dark fantasy, vous serez servi.
Barbarian Saga: The Beastmaster est un Metroidvania solide, qui ne révolutionne pas le genre mais qui apporte quelques idées fraîches (transformations animales, collier rituel, arènes façon jeu de combat). Le style visuel est réussi, l’ambiance dark fantasy est bien rendue, et le gameplay offre suffisamment de variété pour tenir en haleine pendant une dizaine d’heures. Mais le jeu souffre de quelques défauts : un manque de tutoriel, une physique de saut parfois raide, des boss qui demandent du grind, et une narration qui reste classique. Si vous êtes fan de Metroidvania, de dark fantasy et de jeux d’action 2D, c’est un titre à considérer. Si vous cherchez une expérience plus accessible ou une narration plus profonde, vous serez peut-être déçu. Personnellement, j’ai passé un bon moment, mais je reste sur l’impression qu’il manquait un peu de polish pour vraiment sortir du lot. C’est un bon jeu, mais pas un incontournable.
