Test de BrokenLore: FOLLOW – Pour les vues

Au cœur de BrokenLore: FOLLOW, on découvre Anne, une jeune femme rongée par ses traumatismes, son manque de confiance et une relation familiale qui ferait passer certains repas de Noël pour des séances de survie. Ce préquel de BrokenLore: UNFOLLOW abandonne un peu le terrain du cyberharcèlement pour s’intéresser davantage aux origines de son mal-être. Le tout se vit sous la forme d’une aventure horrifique à la première personne où l’ambiance compte davantage que les cris toutes les trois minutes. Une approche assez intelligente qui rappelle parfois ces films psychologiques où l’on se demande constamment si le plus dangereux est le monstre… ou le cerveau du personnage principal.

Bouh !

Ce qui frappe rapidement, c’est la qualité de l’univers mis en place par Serafini Productions. Inutile d’avoir terminé les précédents épisodes pour comprendre ce qui se passe, même si les habitués apprécieront les nombreux clins d’œil disséminés dans l’aventure. L’histoire d’Anne est bien racontée, avec des thèmes sérieux comme la dysmorphie corporelle ou le sentiment d’inutilité, traités avec suffisamment de respect pour éviter l’effet « cours de psychologie sponsorisé par TikTok ». La progression reste fluide du début à la fin et pousse naturellement à avancer sans jamais donner envie de jeter la manette par la fenêtre.

Et la lumière…

Au niveau des graphismes, FOLLOW s’en sort plutôt bien. Les décors affichent un rendu réaliste et certains jeux de reflets sont franchement réussis. Tout n’est pas parfait pour autant : les modèles 3D des personnages sont parfois un cran en dessous du reste de la production. Heureusement, la direction artistique compense largement ces petites limites techniques grâce à une atmosphère constamment oppressante.

C’est le facteur !!

Concernant le gameplay, il faut savoir où l’on met les pieds : FOLLOW est un walking simulator assez classique. L’exploration et la narration occupent la majeure partie de l’expérience et, honnêtement, cela fonctionne plutôt bien. Là où ça se complique, c’est lors des séquences de fin de chapitre en plateforme 2D. Ces passages souffrent de contrôles rigides et d’une précision parfois approximative. J’ai eu l’impression de piloter un chariot de supermarché avec une roue coincée. Heureusement, le jeu permet de passer ces séquences après un échec, un choix de design aussi généreux qu’un cheat code offert par les développeurs.

Je te vois

Pour la bande-son, difficile de trouver de véritables défauts. Les doublages anglais sont convaincants, les musiques accompagnent parfaitement les moments de tension et l’ambiance sonore contribue énormément à l’immersion. Ce n’est pas le genre de bande-son que l’on écoutera en faisant son jogging, mais elle remplit parfaitement son rôle. Concernant la durée de vie, il faut compter environ deux heures pour voir le bout de l’aventure. C’est court, surtout comparé à UNFOLLOW qui en demandait le double, mais le rythme reste suffisamment maîtrisé pour éviter toute sensation de remplissage artificiel.

Regard vide

Pour conclure, BrokenLore: FOLLOW n’est peut-être pas le roi de la saga, mais il reste une expérience d’horreur psychologique solide, bien racontée et portée par une ambiance particulièrement réussie. Malgré quelques maladresses lors des séquences de plateforme, l’aventure parvient à captiver du début à la fin. Un préquel efficace qui donne surtout envie de replonger dans l’univers BrokenLore et d’attendre le prochain épisode.