Il y a quelques mois, je vous racontais mon expérience avec BrokenLore : Don’t Watch, un titre qui m’avait clairement marqué. Ensuite, j’ai plongé dans le deuxième épisode intitulé Low, tout aussi captivant. Et voilà qu’en ce début d’année débarque Unfollow, le troisième opus de la saga BrokenLore. La question est simple : la qualité est-elle toujours au rendez-vous ?

Dès les premières minutes, BrokenLore: UNFOLLOW nous plonge dans un cauchemar numérique où les likes sont des lames et les followers des fantômes. On incarne Anne, une jeune femme qui pensait que le pire était derrière elle… jusqu’à ce que ses traumatismes reviennent lui faire coucou, façon jump scare émotionnel. Imagine Black Mirror qui aurait trop regardé Silent Hill avant de se lancer dans une carrière d’influenceur raté : voilà l’ambiance. Et si tu crois que les réseaux sociaux sont ton safe space, prépare-toi à les voir transformés en couloir sombre où chaque notification est une menace.

Concernant les graphismes, on reste dans la continuité des précédents épisodes : réalistes, sombres, et suffisamment glauques pour te faire regretter d’avoir éteint la lumière. Les environnements sont bien pensés, avec ce petit côté oppressant qui te donne envie de vérifier derrière toi toutes les deux minutes. Ce n’est pas du photoréalisme à la Cyberpunk 2077 mais ça fait le job. Mention spéciale aux créatures grotesques qui semblent tout droit sorties d’un brainstorming entre H.R. Giger et un community manager en burn-out.

Pour le gameplay, on est clairement dans le walking simulator pur jus : simple, efficace, sans chichi. Pas de tutoriel, pas de prise de tête : tu explores, tu fouilles, tu cours quand une créature décide que tu es son Uber Eats. Les courses-poursuites sont là pour te rappeler que ton cardio virtuel est aussi nul que dans la vraie vie, mais rien d’insurmontable. Le vrai défi ? Les objets à collectionner planqués comme des easter eggs dans un film Marvel. Vinyles, cartes, poupées… de quoi occuper les complétistes et faire rager ceux qui ont la patience d’un joueur de Flappy Bird. Et si tu pensais que tes choix n’avaient pas d’importance, détrompe-toi : chaque décision peut changer la fin.

Pour la bande-son, c’est un sans-faute. Les musiques sont oppressantes juste ce qu’il faut, les bruitages te font sursauter comme si tu venais de voir ton ex liker ta photo de profil, et les doublages en anglais sont convaincants. Ajoute à ça des sous-titres en français bien propres, et tu as une immersion totale. Sérieusement, il y a des moments où la bande-son est plus flippante que ce qui se passe à l’écran. Tu sais, ce silence qui précède le chaos ? Ici, il est orchestré comme dans un film de Jordan Peele : tu sens que ça va mal finir, mais tu ne sais pas quand.

Concernant la durée de vie, on est sur environ 4 heures. Oui, cela semble court, mais c’est intense et plus long que les deux autres épisodes. Pas de remplissage inutile, pas de quêtes FedEx pour aller chercher trois pommes et deux carottes : tout est calibré pour te faire vivre une expérience dense et émotionnelle. Et si tu veux prolonger le plaisir (ou la douleur), il y a le Deluxe Pack à 4,99 euros avec une fin supplémentaire, des skins pour le chat (oui, le chat a des skins, on est en 2026, ne juge pas), et la bande-son numérique pour écouter des bruits flippants dans le métro. Parce que pourquoi pas.

Au final, BrokenLore: UNFOLLOW réussit son pari : te faire réfléchir sur la toxicité des réseaux sociaux tout en te collant des sueurs froides. C’est un jeu qui ne cherche pas à être fun, mais marquant. Et il y arrive, parfois avec une brutalité qui ferait passer Dark Souls pour Animal Crossing. Si tu as aimé les précédents épisodes, fonce. Si tu n’y as jamais touché, prépare-toi à une expérience qui te fera dire : « Ok, je vais désinstaller Instagram après ça ». Et si tu crois que tu es prêt… spoiler : tu ne l’es pas.