Marathon, le jeu de Bungie qui fait couler de l’encre ou des larmes selon les points de vue. Et oui, les papas de Halo ou de Destiny tentent un nouveau FPS ! Nouveau ? Oui et non car en 1994, Bungie sortait Marathon, un FPS dans l’espace et notre Marathon de 2026 se situe dans le même univers mais 99 ans plus tard ! Dingue et en parlant de ça, à la base, je pensais me reposer peinard à avancer ma backlog tandis que Shinzay testait le jeu. Il a même lancé un live et après… Son PC a pris feu, il a loupé le bus alors que c’est lui le chauffeur et il se trouverait dans la ville de Marathon en Grèce car il a confondu : écrire le test de Marathon avec écrire après la sieste à Marathon ! Bref, me voici dans le turfu !

Car même si nous sommes 99 ans après le premier jeu (que je n’ai jamais fait cela dit en passant) comme ça, nous ne serons pas perdu. Pas comme les colons de l’UESC Marathon qui se sont paumés sur la planète Tau Ceti IV et après plusieurs siècles sans nouvelles, tout le monde débarque : l’UESC, les méga corporations et vous ! Vous serez un « runner », une personne qui envoie sa conscience dans un corps cybernétique pour aller comprendre ce qui se passe, choper des ressources, faire la bagarre avec les autres runners, les IA, les soldats, la nature…
Honnêtement, la présentation du jeu n’aide pas à tout comprendre et on oublie vite le pourquoi du comment à cause des écrans de chargement sibyllins et longuets. Si en solo j’ai accédé aux missions en 30 secondes, il m’a fallu 3 minutes au minimum pour le multi et souvent, j’ai eu le droit à plus. Une fois en jeu, pas de soucis de connexion ou autre lag mais pour un jeu où le crossplay est présent, je m’attendais à plus de réactivité. Que ce soit sur Fortnite ou sur Space Marine 2, deux jeux multi que je fréquente beaucoup, je n’ai pas ce genre d’attente où je fixe l’écran avec le message « en attente ».

Et ce n’est pas comme si Marathon brillait par une technique de fou. Ciel terne et souvent pluvieux comme un cache misère digne des meilleurs techniques de la N64, j’ai des textures sans vie, sans vrais détails et souvent aux couleurs criardes où je me dis que le choix des coloris a été laissé à une école maternelle ou un peintre daltonien ou les deux ! Et je vous épargne les belles flèches sur certains éléments pour dire « enjambe moi » ou « passe par là ».
Nos avatars ne sont pas épargnés et sont coupés à la serpe dans un style « Tron » en pixels qui ne donnent pas envie de s’attacher à notre personnage. On choisit parmi quelques rares archétypes comme assassin, protecteur, soigneur, … et on se lance dans des missions à plusieurs en espérant vaincre pour gagner le point d’extraction, choper du matos et améliorer nos armes. Et… en tâchant de ne pas perdre lamentablement notre équipement en cas de défaites ardues ou de fuite en loucedé (hein les rois de la déconnexion rageuse).

Pad en main, Marathon fait le taf mais pas plus. Rien de révolutionnaire, rien de foufou. Ça se joue mais cela ne brille pas plus que cela. Chaque archétype aura des compétences à activer mais nous sommes loin de la classe de Destiny. Rien de bien spectaculaire, pas d’activation qui lassera bouche bée. Marathon coche juste la case « mettre des compétences ». Les flingues ont un rendu intéressant mais pareil, le taf est fait sans éclat. On a une gestion de l’endurance ou des conditions météo qui viennent peser un peu mais au vu de l’ensemble, c’est trop peu pour nous marquer véritablement.

Marathon peine à convaincre et à donner envie. Les missions manquent de peps et débloquent juste d’autres passages de textes ou micro cinématiques nébuleuses. Le système de loot et d’équipement manque d’huile et nous perd à plus d’un titre. On veut choisir une arme et sauter dans l’aventure, on veut des classes qui ont la classe et des missions qui donnent envie de s’accrocher au jeu. Toxic Commando était loin d’être parfait mais il m’a paru plus vivant (c’est dire) que ce Marathon qui semble déjà mort.

En résumé, Marathon n’est pas, en l’état, le jeu qui nous fera voir du pays et donnera envie de tenir la distance. Aura-t-il le temps de le faire ? Rien n’est moins sûr, surtout à 40 balles.
